On SEXpliqueça

Des étudiantes remportent deux prix en entrepreneuriat pour leur site web éducatif sur la sexualité.

6 Juillet 2017 à 11H13

Émilie Veilleux, finissante au baccalauréat en sexologie, et Isabelle Arcoite (B.A. sexologie, 2017), candidate à la maîtrise en sexologie, créatrices du site web éducatif sur la sexualité OnSEXpliqueca.com, ont remporté le prix du Lauréat National dans la catégorie Niveau universitaire et le prix du Lauréat Régional lors de la dernière édition du concours d'entrepreneuriat québécois Défi OSEntreprendre. Elles avaient aussi obtenu, en avril dernier, le prix du Projet de l'année 2017 décerné par les Services à la vie étudiante de l'UQAM.

Les deux étudiantes, qui se sont connues dans le cadre de leurs études en sexologie, ont enregistré une soixantaine de capsules vidéo traitant de sujets divers liés à la sexualité: consentement, puberté, identité et orientation sexuelle, ITSS, etc. Elles sont diffusées gratuitement sur le site web, sur la page Facebook et sur la chaîne Youtube du projet à raison d'une fois par semaine. À la fois informatives et ludiques, les capsules, qui s'adressent en particulier aux adolescents de 12 à 18 ans, sont accompagnées, sur le site web, d'un article sur le même sujet et d'une liste de ressources pour obtenir de l'aide ou plus d'information. Les capsules sont vues par 2000 à 3000 personnes chaque semaine. Une troisième collaboratrice, Joëlle Lupien, s'occupe du montage vidéo et du graphisme. «Notre objectif est de partager nos connaissances, en particulier avec les jeunes, dit Émilie Veilleux. Nous abordons parfois des sujets tabous, mais nous le faisons toujours de manière ouverte, inclusive et positive.» 

Les étudiantes Émilie Veilleux et Isabelle Arcoite ont remporté le prix du Lauréat National dans la catégorie Niveau universitaire et le prix du Lauréat Régional lors de la dernière édition du concours d'entrepreneuriat québécois Défi OSEntreprendre. Photo: Défi OSEntreprendre

L'idée de créer un site web leur est venue après avoir constaté le manque d'informations fiables et crédibles accessibles sur Internet et dans les médias sociaux en matière de sexualité. «De nombreux adolescents et même de jeunes adultes manquent d'informations de base sur le couple et la sexualité», souligne l'étudiante.

«Beaucoup de Youtubeurs se prononcent sur tous les sujets ou encore racontent leurs expériences personnelles, renchérit Isabelle Arcoite. Le problème, c'est que les jeunes ont de la difficulté à faire la différence entre une information pertinente et une expérience personnelle.»

Comme les sexologues ne font pas (encore) partie des équipes régulières de professionnels présents dans les écoles, les jeunes femmes peuvent ainsi rejoindre les jeunes grâce au web. «Nous avons l'impression d'avoir reçu un appel à l'aide tant le besoin est grand, témoigne Isabelle Arcoite. Plusieurs personnes nous ont dit que notre projet arrivait au bon moment. On doit discuter de sexualité, mais il faut trouver la bonne manière de le faire.»

Les deux entrepreneuses, qui ont déjà travaillé dans le domaine des médias et des communications, sont aussi présentes sur les réseaux sociaux par l'entremise de leur page Facebook et de leur chaîne Youtube. «Les jeunes nous posent beaucoup de questions, même si elles sont parfois gênantes», remarque Isabelle Arcoite. Le contenu des vidéos peut aussi rejoindre un public plus large. «La capsule sur les méthodes de contraception naturelles a attiré de nombreuses femmes dans la vingtaine et la trentaine, qui cherchent une alternative à la pilule anticonceptionnelle», illustre Émilie Veilleux. Cette série de capsules, très populaire, a été vue par près de 15 000 personnes!

Les deux étudiantes souhaitent collaborer avec des organismes reconnus et comptent lancer des capsules en anglais afin de rejoindre le public canadien. «On voudrait aussi pouvoir développer davantage de contenus pédagogiques enrichis (payants), comme des fiches explicatives, des jeux et des activités à faire en classe destinés au personnel enseignant, en fonction des objectifs du nouveau programme québécois d'éducation à la sexualité», explique Isabelle Arcoite qui, en compagnie de sa collègue, donne aussi des conférences dans les écoles et les maisons de jeunes.

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