Un stage à Paris

William Grenier-Chalifoux a eu la chance de travailler durant six mois au siège social de l'UNESCO.

30 Mars 2017 à 9H35

William Grenier-ChalifouxPhoto: Josselyn Guillarmou

L'automne dernier, William Grenier-Chalifoux (B.A. communication, politique et société, 14) terminait la rédaction de son mémoire de maîtrise à Paris, où il se trouvait à titre de stagiaire pour l'Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO). «Ce fut une expérience très enrichissante qui m'a permis de cultiver mon réseau de contacts», souligne l'étudiant, inscrit à la maîtrise en science politique.

Chercheur en résidence à la Chaire Raoul-Dandurand en études stratégiques et diplomatiques, William Grenier-Chalifoux  a décroché ce stage à l'UNESCO par l'entremise du ministère des Relations internationales et de la Francophonie du Québec. «Le mandat principal était de participer à l'organisation d'une conférence intitulée  "Internet et la radicalisation des jeunes"», souligne-t-il. C'est le sujet de mon mémoire et c'est la raison pour laquelle j'ai postulé afin d'obtenir ce stage.»

Une centaine de conférenciers étaient invités pour les trois jours de la conférence, en novembre dernier. «En préparant les invitations, je me suis aperçu que la liste des conférenciers et des invités correspondait pratiquement à la bibliographie de ma recherche, qui portait, à l'origine, sur le rôle des contenus numériques djihadistes dans le passage à l'acte terroriste, raconte l'étudiant. J'ai donc été en mesure de rencontrer et d'entendre ces experts discuter de mon sujet de recherche!»

Un sujet d'actualité

William Grenier-Chalifoux vient de déposer son mémoire, rédigé sous la direction du professeur Charles-Philippe David, du Département de science politique. «Afin d'étudier le concept de radicalisation en ligne, j'ai d'abord constitué une base de données sur tous les terroristes islamistes qui ont perpétré des attentats ayant causé la mort en Occident depuis 1990. Mon échantillon comptait 90 terroristes.»

Le jeune chercheur a dû modifier son sujet de recherche en cours de route. «Au départ, je me concentrais sur les stratégies de communication et de recrutement des groupes islamistes. Je me suis rapidement aperçu que toutes leurs recrues, ou à peu près, ont été en contact avec de la propagande djihadiste à un moment ou à un autre. Or, il est impossible d'établir un lien de causalité entre l'exposition à des contenus djihadistes et le passage à l'acte terroriste, de la même manière qu'on ne peut établir de lien direct entre la violence à la télé ou dans les jeux vidéo et les comportements violents de certaines personnes. Des corrélations, peut-être, mais pas des liens de causalité.»

L'étudiant s'est concentré sur d'autres aspects de la radicalisation et ses résultats sont sans équivoque. «Dans 96 % des cas, un mentor idéologue était présent dans l'entourage du futur terroriste et, la plupart du temps, ce dernier a suivi un entraînement paramilitaire. Bref, les relations personnelles jouent un rôle crucial dans la radicalisation et dans le passage à l'acte terroriste. La thèse du loup solitaire ne tient pas la route.»

Ces résultats, insiste-t-il, se situent à mille lieues de la littérature qu'il qualifie d'anxiogène sur les effets du Web et des médias sociaux en matière de radicalisation. «On ne peut pas expliquer la montée du terrorisme en Occident par l'arrivée d'Internet. Je consacre la moitié de mon mémoire à démontrer l'enflure du concept de radicalisation en ligne, qui ne s'appuie sur aucune preuve empirique», ajoute-t-il.

De retour à l'UQAM, en février dernier, William Grenier-Chalifoux a obtenu un contrat de consultant à distance pour l'UNESCO afin de participer à l'organisation du 10e Forum des jeunes de l'UNESCO, qui aura lieu à Paris en octobre prochain. «Je ne mets pas une croix sur le doctorat, mais ce ne sera pas pour l'instant, conclut-il en riant. J'aimerais enseigner au collégial ou obtenir d'autres mandats à titre de consultant.» 

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