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Hanika Rizo obtient plus de 325 000 $ de la FCI pour créer un laboratoire dédié à l'étude du manteau terrestre.

28 Février 2017 à 11H06

La roche volcanique de cette île de la baie de Baffin contient une quantité plus élevée de l'isotope tungstène-182 que les autres roches volcaniques de la même époque. Photo: Don Francis, Université McGill

Hanika Rizo, professeure au Département des sciences de la Terre et de l'atmosphère, a reçu une subvention de plus de 325 000 dollars du Fonds des leaders John-R.Évans (FLJE) de la Fondation canadienne pour l'innovation (FCI) pour son projet de Laboratoire pour l'étude des systèmes isotopiques radioactifs de courte période (LASIS) sur des roches terrestres et extraterrestres.

Les travaux de la chercheuse du Géotop figuraient en janvier dernier parmi le palmarès des 10 découvertes scientifiques de l'année du magazine Québec Science. Elle est l'auteure principale d'un article publié en mai dernier sous le titre Preservation of Earth-forming events in the tungsten isotopic composition of modern flood basalts dans le prestigieux magazine Science. En collaboration avec une équipe de chercheurs nord-américains, dont Don Francis, de l'Université McGill, Hanika Rizo a montré que des roches volcaniques de la baie de Baffin, au Canada, et du plateau d'Ontong-Java, au nord des îles Salomon, dans l'océan Pacifique, contiennent des quantités anormalement élevées de tungstène-182, ce qui indique qu'elles proviennent de parties très anciennes du manteau terrestre.

Le programme de recherche qui sera mené au LASIS, intégré au Géotop, permettra d'approfondir les connaissances du système Terre et de réexaminer les fondations de son histoire géologique ancienne. Ce programme abordera des questions fondamentales telles que la nature et la chronologie des événements géologiques majeurs qui ont affecté la Terre primitive, le temps de survie des réservoirs primitifs dans le manteau terrestre et l'évolution précoce de la Terre par rapport à celle des autres planètes rocheuses du système solaire.

«Les variations isotopiques pour les systèmes de courte période au sein des roches terrestres sont très faibles et nécessitent des analyses de très haute précision, explique Hanika Rizo. Les capacités analytiques pour atteindre cette précision extrême n'ont été développées que depuis environ cinq ans et par seulement une poignée de laboratoires dans le monde. Ces analyses de haute précision requièrent des mesures isotopiques à l'aide de spectromètres de masse de dernière génération et la préparation des échantillons dans des environnements ultra propres de "salle blanche" pour éviter toute contamination.»

Le Geotop compte déjà les instruments nécessaires pour réaliser ces mesures isotopiques. Le LASIS sera conçu spécialement pour procurer un environnement respectant les normes de «salle blanche» les plus élevées, avec des espaces de travail contrôlés (température, humidité, aérosols) afin d'atteindre les conditions optimales pour les analyses isotopiques de haute précision. «L'ajout du LASIS aux installations existantes du Geotop permettra de développer des techniques analytiques de pointe, qui feront du Québec un leader dans la recherche sur la Terre primitive», souligne Hanika Rizo.

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