Prêts à intervenir

Des agents de sécurité ont reçu une formation sur l'injection de naloxone en cas de surdose de fentanyl.

4 Décembre 2017 à 15H39

La naloxone sera administrée à l'aide d'un vaporisateur nasal à usage unique.Photo: Nathalie St-Pierre

Une trentaine d'agents du Service de la prévention et de la sécurité (SPS) et de la firme Garda ont été formés cet automne par la Direction de la santé publique afin d'être en mesure de donner de la naloxone en cas de surdose de fentanyl. «Le risque que cela survienne aux abords du campus est bien réel, souligne Jean-François Champagne, directeur par intérim du SPS. Il importe que nos agents, qui sont souvent les premiers à intervenir en matière de premiers soins, soient préparés adéquatement.»

À l'UQAM, les agents de sécurité sont embauchés par la firme Garda, un sous-traitant, mais sont formés et encadrés par le Service de la prévention et de la sécurité. Ceux qui participent à la brigade saisonnière, de mai à octobre, sont volontaires et bénéficient d'une formation additionnelle. De nombreux organismes de quartier – dont Cactus et Spectre de rue, qui interviennent auprès des utilisateurs de drogues injectables (UDI), la Maison du Père et  Présence compassion –, ainsi que le poste de quartier 21 du Service de police de la Ville de Montréal collaborent à leur formation. «Plusieurs des agents formés pour l'injection de naloxone font partie de la brigade saisonnière», précise Jean-François Champagne.

Un rôle de bon citoyen

Les agents de sécurité ont pour mandat de s'assurer que le campus soit sécuritaire, certes, mais leur rôle ne s'arrête pas là, insiste le directeur par intérim. «Ils ne sortent pas les itinérants et les utilisateurs de drogue du campus par la force. Ils s'assurent plutôt de les diriger vers les bonnes ressources. En ce sens, une partie de leur travail relève carrément de la relation d'aide.»

Même si la brigade saisonnière a terminé son travail à l'extérieur depuis environ un mois, les agents de sécurité poursuivent leur travail auprès des personnes marginalisées ou en situation d'itinérance, qui sont enclins à entrer dans les pavillons de l'UQAM lorsque la température chute.  «En situation d'urgence, il n'y a plus de distinction à faire entre employés, étudiants et passants, poursuit Jean-François Champagne. C'est notre devoir de citoyen d'aider les gens en détresse. Se munir de naloxone est donc aussi pertinent que d'avoir des défibrillateurs pour aider les gens en arrêt cardiaque, des trousses de premiers soins pour effectuer des pansements ou des auto-injecteurs d'épinéphrine pour les chocs anaphylactiques. On peut sauver des vies.»

Les effets de la naloxone sont temporaires: ils durent environ 30 minutes, rappelle le responsable de la sécurité. «Nous devons être rapidement en contact avec les services d'urgence advenant ce type d'incident, car le risque que l'utilisateur retombe en arrêt cardiorespiratoire est élevé.»

Le directeur par intérim établit un parallèle entre la philosophie du SPS et la mission universitaire. «L'UQAM forme des étudiants afin qu'ils deviennent des citoyens engagés et ouverts aux autres, dit-il. Nous devons prêcher par l'exemple dans le quartier et aux abords de notre campus.»

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