Gouvernance autochtone au féminin

L'UQAM est l'hôte de la deuxième édition de l'école d'été destinée aux femmes autochtones leaders.

9 Juillet 2018 à 10H21

Quelques-unes des participantes à la première édition de l'école, à l'été 2017.

Douze femmes autochtones élues ou leaders de différentes régions du Québec participeront, du 23 juillet au 3 août, à la seconde édition d'une école d'été conçue exclusivement pour elles, ayant pour thème «La gouvernance autochtone au féminin».

Fruit d'un partenariat entre Femmes autochtones du Québec (FAQ), la Faculté de science politique et droit (FSPD) et le Service aux collectivités (SAC) de l'UQAM, cette initiative s'inscrit pleinement dans la mission sociale de l'Université et sa politique des services aux collectivités, qui vise à répondre à des demandes issues des groupes sociaux non traditionnellement desservis par les universités.

«La forte participation à cette deuxième édition, qui affiche complet, démontre la pertinence de cette initiative pour les femmes autochtones du Québec. Pendant deux semaines, les participantes accèdent à un espace d'échange, de dialogue et d'apprentissage extrêmement riche qui leur permet ensuite de retourner dans leur communauté mieux outillées et plus fortes d'un réseau de femmes investies, comme elles, dans le devenir de leur communauté», explique Viviane Michel, présidente de FAQ.

Un programme riche

À nouveau animée par la chargée de cours Huronne-Wendat, Isabelle Picard, l'école d'été FAQ-UQAM couvrira cette année plusieurs thématiques telles que: les contextes précoloniaux et coloniaux; s'affirmer, revendiquer et se reconstruire; enjeux et dynamiques des femmes des Premières Nations au Québec; et la gouvernance au féminin. Plusieurs conférencières viendront rencontrer les participantes et partager leurs expériences, notamment l'anthropologue Nicole Obomsawin, la présidente de Femmes autochtones du Québec Viviane Michel, la nouvelle commissaire aux affaires autochtones de la Ville de Montréal Marie-Ève Bordeleau et la psychologue Anick Sioui.

La cohorte sera constituée de douze femmes leaders autochtones de tous âges, de femmes élues à titre de conseillères d'un conseil de bande ou de représentantes élues de FAQ. Celles-ci travailleront collectivement à mieux comprendre les difficultés d'ordre systémique auxquelles font face les femmes autochtones dans différentes sphères de leur vie, et à identifier de bonnes pratiques pour y répondre. 

«Ce partenariat entre FAQ et l'UQAM s'ancre dans la mission du Service aux collectivités de l'UQAM, qui est de répondre à des besoins issus des collectivités. Cette posture mise sur la valorisation des savoirs et la compréhension qu'ont les actrices et acteurs de leur milieu, de leurs réalités et de leurs besoins. Il s'agit donc véritablement d'une démarche par et pour les femmes autochtones, ce qui renverse la vision conventionnelle que nous entretenons du rôle de nos institutions postsecondaires», souligne Josée-Anne Riverin, agente de développement au SAC, qui a coordonné la mise sur pied du projet.

Une première édition anglophone à Ottawa

Une entente de partenariat a été signée entre FAQ et l'Université Saint-Paul d'Ottawa afin qu'une formule semblable, inspirée de l'expérience uqamienne, soit offerte cette année à des femmes autochtones leaders maîtrisant l'anglais. Ainsi, à son tour, du 30 juillet au 10 août, l'Université Saint-Paul accueillera une cohorte de huit femmes autochtones qui auront l'occasion d'explorer des thèmes similaires, mais adaptés aux réalités des Nations participantes.

Pour les organisatrices, l'obtention de crédits universitaires vient reconnaître institutionnellement cette formation adaptée aux besoins des communautés autochtones. À plus grande échelle, c'est l'ensemble des communautés qui bénéficient du regard éclairé et éclairant de nombreuses femmes, contribuant à lutter contre leur marginalisation dans les décisions les concernant, à rendre visible et à mieux comprendre leurs réalités.

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Avez-vous jamais songé dans votre programme à étudier la diplomatie autochtone iroquoien et algique, à mettre en valeur les modèles politico-économiques des nations premières avant l'arrivée des européens ainsi que de leurs caractéristiques particulières qui s'y retrouvent encore de manière sous-jacente aujourd'hui ? Si jamais cela vous intéresse pour l'an prochain, je pourrais, à titre de chargée de cours et porteuse de la tradition, offrir un volet sur le sujet et amener les participantes à réfléchir sur ces modèles et leur application pratique. Migwetch ! Baamaa pii !