L'entrepreneure du granola

Avec Fourmi Bionique, Geneviève Gagnon est à la tête d'une entreprise florissante.

7 Août 2018 à 15H17

Geneviève Gagnon.Photo: Tango Photographie

Geneviève Gagnon (B.A. relations publiques, 1998) a eu du flair. Fourmi Bionique, la marque de céréales granola qu’elle a fondée en 2003, compte parmi les 500 entreprises canadiennes à plus forte croissance, selon le classement 2017 du magazine Canadian Business. Autrefois confinés aux épiceries fines et magasins d'aliments naturels, ses mélanges de céréales, y compris la nouvelle gamme sans gluten, se retrouvent aujourd'hui dans nombre de grandes surfaces à travers le Québec, l'Ontario et la France. Bientôt, ils seront disponibles aux États-Unis. «Je suis dans une période d’investissements majeurs afin de remodeler ma production et d’accéder à de nouveaux marché», lance l’entrepreneure.

Parallèlement à sa vie professionnelle, la femme d'affaires lauréate de plusieurs prix, dont celui de Femmes d'affaires du Québec, dans la catégorie Petite entreprise, en 2011, est mère de trois jeunes enfants de moins de cinq ans. «Regarder grandir mes enfants est un projet qui me passionne. L’idée de devenir une soccer mom est pour moi très attrayante, parce que c’est tellement loin de ma réalité actuelle!», dit-elle avec le sourire. Avec son énergie débordante, on l'imagine tout à fait courir tous les matchs des enfants… tout en gérant son entreprise!

Poursuivre sa passion

Geneviève Gagnon a fait partie de la première cohorte du baccalauréat en relations publiques de l’UQAM, créé en 1996. «Ce nouveau programme m’excitait, puisque j’étais très intéressée par le côté affaires des communications.» En se faisant créditer des cours d’un baccalauréat précédent et en suivant des cours par correspondance, elle termine son baccalauréat en seulement deux ans. «Je suis donc officiellement la première diplômée en relations publiques de l’Université», dit-elle fièrement.

Après avoir œuvré dans différents domaines liés aux communications – affaires publiques, organisation d’événements, communications corporatives –, Geneviève Gagnon réalise qu’elle n’est pas faite pour travailler pour quelqu’un d’autre. Ce qui l’anime profondément, c'est son désir de partager sa passion pour l'alimentation naturelle. «Quand j’étais jeune, j'observais ma grand-mère en train de préparer les repas. Elle avait un côté très méthodique et mettait beaucoup d’amour dans ses recettes. Tout était tellement bon! J’ai toujours aimé manger, mais ce n’est qu’après avoir pris la décision de me lancer en affaires que j’ai réalisé que la cuisine me passionnait réellement.»

Les compétences en communication et en relations publiques acquises lors de son baccalauréat l'ont servie. «Dès le début, le marketing de mes produits se démarquait grandement du marketing blême des autres aliments naturels. Et quand nous faisons des opérations de communication, c’est moi qui rédige les communiqués et qui propose des angles aux journalistes.»

Séduire le consommateur moyen

Cette adepte de l’entraînement physique s’est toujours fait un point d’honneur de prendre un déjeuner consistant avant de quitter la maison. Il était donc naturel, pour elle, de se lancer en affaires en créant un produit de qualité pour le repas du matin. «Le nom Fourmi Bionique, inspiré du dessin animé La Fourmi Atomique, évoque à la fois le côté santé et le côté gourmand de mes produits. Je souhaitais briser le préjugé du produit santé au goût fade et séduire le consommateur moyen, qui ne fréquente pas nécessairement les magasins d’aliments naturels.» Avec des mélanges de céréales aux saveurs de fruits, de noix ou de chocolat portant des noms tels que Vitalité, Aphrodisiaque, Divin ou Euphorique, elle a frappé dans le mille.

Se faisant un devoir de s’approvisionner en produits locaux, l’entrepreneure innove en ajoutant des produits non conventionnels à ses mélanges à base d’avoine, de son, d’épeautre, d’orge et de seigle, comme des pétales de fleurs ou du maca (une racine originaire des Andes qui aurait des vertus pour augmenter l'énergie, la libido et la fertilité). «Plusieurs concurrents m’ont imitée depuis, si bien que c’est devenu "tendance", mais quand j'ai commencé, les mélanges de céréales santé n'existaient pas sur le marché», dit-elle.

Se faire confiance

Les premières années de Fourmi Bionique ont été parsemées de défis et d’embûches. «C’est très difficile de démarrer une entreprise, avoue la femme d'affaires. J’ai failli faire faillite en écoutant les conseils de distributeurs qui me proposaient des scénarios irréalistes. Aujourd’hui, je me fais davantage confiance, je ne me laisse plus dicter des décisions qui me rendent inconfortable.»

Les sentiments d’incertitude et de vertige des débuts ont fait place à une certaine quiétude d’esprit. «La masse critique de clients est atteinte, la pérennité de l’entreprise est assurée. J’ai suivi une courbe de croissance saine, sans jamais sauter d’étapes.»

Bien que la conciliation travail-famille comporte son lot de difficultés, Geneviève Gagnon ne regrette rien. «Être à la tête de mon entreprise me donne beaucoup de flexibilité pour passer du temps avec mes enfants. Je me sens en contrôle de mon horaire.»

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