Au service de la création

L'intelligence artificielle investit l'espace public par l'intermédiaire de l'art.

12 Février 2018 à 9H25

À chaque particule de lumière émise sur la structure externe du pont Jacques-Cartier correspond une donnée qui en détermine la couleur, l'intensité, l'apparition et les déplacements.  Photo: Moment Factory

Depuis quelques années, l'intelligence artificielle et les données numériques contribuent à faire vivre de nouvelles expériences artistiques dans l'espace public. Quelles sont les possibilités offertes par ces nouvelles technologies dans le domaine de la création? À quelles préoccupations éthiques font face les créateurs et les concepteurs dans l'utilisation des données? Ces questions et bien d'autres seront au centre des réflexions lors du colloque «I.A.rt: l'intelligence artificielle et les données au service de la création dans l'espace public», qui se tiendra le 22 février prochain au pavillon Sherbrooke.

Organisé par l'UQAM, le Partenariat du Quartier des spectacles, Montréal joue et Illuminart dans le cadre de Montréal en lumière, le colloque abordera quatre grandes thématiques: l'histoire de l'intelligence artificielle et des données; l'art de la visualisation des données; les créations collaboratives – la rencontre entre l'art, la création, la recherche et l'entreprenariat; et les défis de la création en intelligence artificielle. La rectrice de l'UQAM, Magda Fusaro, et le directeur général du Partenariat du Quartier des spectacles, Pierre Fortin, prononceront un mot de bienvenue lors du lancement de l'événement, dont l'animateur Mathieu Dugal (réalisateur de l'émission de La Sphère à la radio de Radio-Canada), sera le maître de cérémonie.

En plus de vivre des expériences interactives liées aux données et à l'intelligence artificielle, le public pourra assister à des conférences et à des présentations de projets d'artistes et de concepteurs provenant d'organisations et d'entreprises comme l'Office national du film du Canada, Ubisoft – La forge, IBM, Moment Factory, Element.ai, Ensemble Ensemble et Réalisations. Ainsi, Yohan Trépanier Montpetit, chef programmeur chez Réalisations, et Marie Belzil, réalisatrice multimédia à Moment Factory, dévoileront le processus de création derrière l'illumination du pont Jacques-Cartier à Montréal. Jonathan Belisle, cofondateur de Ensemble Ensemble, posera la question: «Que se passerait-il si les algorithmes mesuraient notre prédisposition à la bonté, plutôt que les comportements déviants?»

Présentations d'Uqamiens

En ouverture du colloque, Nadia Seraiocco (M.A. histoire de l'art, 2009), chargée de cours à l'École des médias et doctorante en communication, présentera un historique de l'intelligence artificielle – et de ses concepts de base – ainsi qu'une vue d'ensemble sur le maillage entre les données et la création. La diplômée est également chroniqueuse à l'émission La sphère.

Les étudiants finissants en médias interactifs de l'École des médias présenteront leur projet Propolis, une installation ludique interactive inspirée du fonctionnement collectif des abeilles. Une projection sur la façade du pavillon Président-Kennedy transformera celui-ci en un énorme rucher. La projection évoluera en fonction des données véhiculées par le projet et de données environnementales, permettant au public de les visualiser en temps réel. Propolis sera présenté dans le cadre de l'événement Illuminart, le rendez-vous de la créativité multimédia interactive et lumineuse.

Pour un développement responsable de l'intelligence artificielle

En collaboration avec l'Institut d'études internationales de Montréal, l'École des sciences de la gestion et les facultés de science politique et de droit, des sciences humaines et des sciences organisent une soirée de réflexion sur la Déclaration de Montréal pour un développement responsable de l'intelligence artificielle. Animée par la journaliste Josée Boileau (B.A. communication, 1987), la soirée aura lieu le 15 février prochain, de 17 h à 20 h, à l'Agora du Cœur des sciences.

Les principaux enjeux éthiques et sociaux associés à la Déclaration seront analysés par des chercheurs, dont sept professeurs de l'UQAM: Maude Bonenfant (communication sociale et publique), Hugo Cyr, doyen de la Faculté de science politique et de droit, Sébastien Gambs (informatique), Stevan Harnad (psychologie), Christophe Malaterre (philosophie), Dominic Martin (organisation et ressources humaines) et Marie-Jean Meurs (informatique). 

Lancée en novembre dernier, la Déclaration de Montréal vise à susciter un débat public et à proposer une orientation progressiste et inclusive du développement de l’intelligence artificielle autour des valeurs de bien-être, d'autonomie, de justice, de vie privée, de connaissance, de démocratie et de responsabilité. «Qu’elle soit naturelle ou artificielle, l’intelligence n’a pas de valeur en soi, peut-on lire dans la Déclaration. L’intelligence d’un individu ne nous dit rien de sa valeur morale; c’est aussi le cas pour toute autre entité intelligente. L’intelligence peut néanmoins avoir une valeur instrumentale: c’est un outil qui peut nous éloigner ou nous rapprocher d’un objectif que nous valorisons. Ainsi, l’intelligence artificielle peut créer de nouveaux risques et exacerber les inégalités économiques et sociales. Mais elle peut aussi contribuer au bien-être, à la liberté ou à la justice.»

Défi de création

À la fin du colloque, cinq projets artistiques en visualisation de données dans l'espace public seront présentés devant le public et un jury, dans le cadre du Défi de création lancé par le Partenariat du Quartier des spectacles en collaboration avec  Illuminart. Un projet sera sélectionné en vue de sa réalisation et de sa présentation à Illuminart, lors de l'édition 2019 de Montréal en lumière. Maxim Bonin, conseiller à la Division de la promotion institutionnelle du Service des communications, sera membre du jury pour l'UQAM.

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