Recherches de pointe

Quatre professeurs obtiennent une chaire de recherche du Canada.

15 Juillet 2019 à 16H01

Photo: Istock

Le programme des Chaires de recherche du Canada a annoncé en juin dernier les résultats des concours du printemps et de l’automne 2018. Quatre professeurs de l’UQAM, soit Richard J. Compton (linguistique), Cassandre Lazar (sciences biologiques), Julie Thériault (sciences de la Terre et de l’atmosphère) et Amandine Catala (philosophie) ont obtenu une chaire de niveau 2, tandis que la chaire de Clint D. Kelly (sciences biologiques), également de niveau 2, a été renouvelée. Le montant total des investissements s’élève à 2,5 millions de dollars pour les 5 prochaines années (500 000 dollars pour chaque chaire).

La professeure Julie Thériault bénéficie également d’un soutien financier de 228 381 dollars pour des infrastructures de recherche. Cette aide provient du Fonds des leaders John-R.-Evans de la Fondation canadienne pour l'innovation (FCI), du gouvernement du Québec et de partenaires de la FCI.

Le programme des Chaires de recherche du Canada est financé par les trois organismes subventionnaires fédéraux: le Conseil de recherches en sciences humaines du Canada (CRSH), le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada (CRSNG) et les Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC). Les chaires de niveau 2, d’une durée de cinq ans et renouvelables une seule fois, sont attribuées à des chercheurs émergents exceptionnels considérés par leurs pairs comme étant susceptibles de devenir des chefs de file dans leur domaine.

Richard J. Compton  
Chaire de recherche du Canada en connaissance et transmission de la langue inuite (CRSH) 

La langue inuite est un continuum de dialectes qui se parlent dans l’Arctique nord-américain, notamment en Alaska, dans les Territoires du Nord-Ouest, au Nunavut, au Labrador et au Groenland. Au Canada, les dialectes subissent la pression des langues coloniales et plusieurs d’entre eux perdent des locuteurs ou risquent de disparaitre. Outre sa signification socioculturelle, la langue inuite possède une structure qui est aussi révélatrice des propriétés du langage humain. Par exemple, ses mots sont particulièrement complexes et peuvent encoder l’équivalent de phrases complètes dans d’autres langues. Richard J. Compton mènera des recherches en collaboration avec des communautés, qui contribueront à documenter et à revitaliser la langue inuite, tout en analysant sa grammaire unique, afin de mieux comprendre comment les langues humaines peuvent varier. Le professeur dirige l’organisation du 21e Congrès d’Études Inuit, qui aura lieu à l’UQAM en octobre prochain.

Cassandre Lazar
Chaire de recherche du Canada en génomique de l'environnement aquatique (CRSNG)  

L'objectif de cette chaire est d'examiner la diversité, l'écologie et le fonctionnement biogéochimique des communautés microbiennes dans les écosystèmes d'aquifères se trouvant dans la subsurface terrestre. Les recherches seront basées sur des méthodes moléculaires (génomique et métagénomique) et des méthodes de cultures microbiennes. Elles permettront une analyse intégrative et à large échelle des communautés microbiennes dans les écosystèmes d'aquifères, élargissant ainsi notre compréhension des structures et métabolismes microbiens dans les habitats souterrains. Cassandre Lazar cherchera aussi à établir les liens entre les communautés microbiennes des habitats aquatiques de la surface et ceux de la subsurface. Son programme de recherche permettra de mieux comprendre la façon dont les communautés souterraines répondent aux fluctuations des conditions environnementales survenant dans les habitats de la surface terrestre.

Julie Thériault
Chaire de recherche du Canada sur les phénomènes météorologiques hivernaux extrêmes (CRSNG)

Les phénomènes météorologiques hivernaux extrêmes sont souvent accompagnés de températures autour de 0°C ainsi que de différents types de précipitations – pluie verglaçante, grésil, neige mouillée –, lesquels varient en intensité et en durée. Parce que ces types de précipitations peuvent avoir des conséquences catastrophiques, il est essentiel d'en comprendre les principes fondamentaux afin de mieux anticiper leur évolution et leur récurrence, en lien avec les changements climatiques. Dans le cadre de ses travaux, Julie Thériault utilisera des outils numériques de pointe permettant d'obtenir des mesures météorologiques uniques.

Amandine Catala
Chaire de recherche du Canada sur l'injustice et l'agentivité épistémiques (CRSH)

La chaire de la professeure de philosophie vise à valoriser l’agentivité épistémique – c’est-à-dire la participation à l’élaboration et à l’échange de connaissances - des groupes sociaux non-dominants (femmes, Autochtones ou personnes handicapées). Une personne subit une injustice épistémique si on ne la croit pas ou si on ne cherche pas à la comprendre parce qu’elle appartient à un groupe social non-dominant. L’injustice épistémique mine ainsi l’agentivité épistémique. L'objectif des travaux de la professeure Catala est de révéler les rapports, sous-explorés, entre l’injustice épistémique et plusieurs problèmes sociaux, pour mieux les comprendre et les contrer.

Clint D. Kelly   
Chaire de recherche du Canada en écologie comportementale (renouvellement-CRSNG)

Les biologistes reconnaissent que l’évolution ne produit pas un seul phénotype (ensemble des caractères observables d’un individu ou d’un organisme) parfait de mâle ou de femelle au sein d’une espèce donnée. En fait, plusieurs espèces animales présentent souvent chez des individus d'un même sexe des variations liées à la morphologie et au comportement reproducteur. L’hypothèse de travail du professeur Kelly est que de tels phénotypes alternatifs de reproduction pourraient jouer un rôle fondamental dans la création de la biodiversité en favorisant la spéciation (processus évolutif par lequel de nouvelles espèces vivantes se forment à partir d'ancêtres communs). Toutefois, notre connaissance sur la manière dont les phénotypes alternatifs de reproduction sont exprimés et maintenus dans la nature est limitée. Le programme de recherche de la Chaire vise à mieux comprendre non seulement l’aspect biologique du phénotype alternatif, mais ausi son rôle dans le contexte plus large de l'évolution de la spéciation et de la biodiversité qui y est générée.

PARTAGER
COMMENTAIRES 0 COMMENTAIRE