Une thèse bien résumée

Zakaria Mestari remporte la finale uqamienne du concours Ma thèse en 180 secondes.

10 Avril 2019 à 16H39, mis à jour le 11 Avril 2019 à 11H45

Le doctorant en psychologie Zakaria Mestari, lauréat de la finale uqamienne du concours Ma thèse en 180 secondes.Photo: Nathalie St-Pierre

Les comportements problématiques, comme des agressions physiques ou des crises qui durent longtemps et/ou qui surviennent trop souvent, sont fréquents chez les enfants ayant un trouble du spectre de l'autisme. «Ces comportements ont un impact négatif sur le bien-être des enfants, mais aussi sur celui des parents et des intervenants qui travaillent auprès des enfants», souligne Zakaria Mestari. Le doctorant en psychologie, qui espère venir en aide aux familles québécoises vivant cette réalité, a remporté la faveur des juges lors de la finale uqamienne du concours Ma thèse en 180 secondes. En trois minutes bien remplies, il a su vulgariser de manière éloquente l'objet de sa thèse.

Sous la direction de la professeure Mélina Rivard, Zakaria Mestari compte former et superviser 40 éducatrices du service public québécois en intervention comportementale autisme/petite enfance (moins de 6 ans) et les soutenir à travers l'implantation au sein de 40 familles québécoises du programme Prevent, Teach, Reinforce (Prévenir, Enseigner, Renforcer). «Il s'agit d'un programme américain de gestion des comportements problématiques auprès des jeunes enfants ayant un trouble du spectre de l'autisme que nous avons traduit et adapté au contexte québécois», explique le doctorant. L'efficacité de ce programme, précise-t-il, a été démontré aux États-Unis par de nombreuses recherches.

Le jeune chercheur a présenté les grandes étapes du programme, lesquelles visent à établir, dans chaque cas, des stratégies préventives (pour réduire l'apparition d'un comportement problématique préalablement identifié chez l'enfant avec la collaboration de l'éducatrice et des parents), des stratégies d'enseignement (pour inculquer les comportements appropriés à l'enfant) et des stratégies de renforcement (pour expliquer aux parents quand et comment réagir aux bons et aux mauvais comportements de leur enfant).

«J'ai hâte d'analyser l'implantation du programme pour constater ce qui fonctionne bien ou moins bien, ce que les éducatrices et les parents apprécient ou non, conclut Zakaria Mestari. L'objectif est d'aider plus de familles avec des enfants ayant un trouble du spectre de l'autisme, d'abord au Québec, puis ensuite, qui sait, dans le reste de la Francophonie.»

Le prix du jury, qui s'accompagne d'une bourse de 750 dollars, vaut à Zakaria Mestari de représenter l'UQAM lors de la finale nationale du concours Ma thèse en 180 secondes, qui se tiendra en marge du congrès de l'Acfas et qui réunira, le 29 mai prochain à l'UQO, des étudiants provenant d'une quinzaine d'universités francophones à travers le Canada.

Prix du public

Le prix du public a été décerné ex æquo au doctorant en biologie Frédérik Desmarais, dont la thèse porte sur le transport neuro-hépatique de lipides et la modulation du métabolisme inflammatoire par l'apoliprotéine D, et au doctorant en études littéraires Émile Bordeleau-Pitre, qui s'intéresse à la revue Documents (1929-1930) et à la manière de repenser le concept d'avant-garde. Chacun obtient une bourse de 350 dollars.

Quatre doctorants et deux doctorantes étaient en lice lors de cette finale uqamienne, dont deux de la Faculté des arts, deux de la Faculté des sciences humaines, une de la Faculté de communication et un de la Faculté des sciences.

Les participants de l'édition 2019: Frédérik Desmarais, Ana Pfeiffer Quiroz, Joël Guérette, Émile Bordeleau-Pitre, Cynthia Noury et Zakaria Mestari.Photo: Nathalie St-Pierre

Le jury était constitué de Sophie Malavoy, directrice du Cœur des sciences, Jean-Pierre Richer, directeur du Service de la recherche et de la création, et Patrice Potvin, professeur au Département de didactique et cotitulaire de la Chaire de recherche sur l'intérêt des jeunes à l'égard des sciences et de la technologie. Rose-Aline LeBlanc, conseillère au Service des communications, agissait à titre de maîtresse de cérémonie.

Organisé par l'Acfas depuis 2012, ce concours de vulgarisation, qui permet à des doctorants de présenter leur sujet de recherche en termes simples à un auditoire profane et diversifié, est inspiré du concours Three minute thesis (3MTMD) qui a eu lieu pour la première fois en 2008 à l’Université du Queensland, en Australie. L'évaluation est basée sur trois critères: le talent d'orateur et la passion du participant pour son sujet, sa capacité de vulgarisation et la structure de son exposé. Le concours québécois a été le premier en langue française. Les lauréats de la finale nationale canadienne seront invités à participer à la finale internationale, qui se tiendra à Dakar, au Sénégal, en septembre 2019.

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