Éducation : un défi collectif

Le doyen de la Faculté des sciences de l’éducation Jean Bélanger se voit comme un rassembleur des forces vives de sa faculté.

13 Janvier 2020 à 11H21

Série La parole aux doyens
Les doyennes et les doyens s’expriment sur le rôle et les enjeux de leur faculté en répondant à trois questions d’Actualités UQAM. Pour commencer la série, la parole est donnée au doyen de la Faculté des sciences de l'éducation, Jean Bélanger.

Le doyen de la Faculté des sciences de l'éducation Jean Bélanger.Photo: Nathalie St-Pierre

Quels sont les trois grands enjeux de la Faculté?

À l’heure actuelle, nous sommes mobilisés par les besoins criants des milieux scolaires. Dans la région de Montréal, en particulier, ces milieux vivent une pénurie d’enseignants, qui les conduit à recruter du personnel qui ne détient pas de brevet. Il faut soutenir ces personnes dans leur intégration à l’emploi et répondre à leurs besoins de qualification. Pour nous, il s’agit d’un défi de taille, car, historiquement, nos programmes n’ont pas été conçus pour des gens en emploi. Ils ont toujours proposé une voie pratiquement linéaire, que l’on suivait après le cégep. Pour répondre aux besoins de personnes déjà sur le marché du travail, il faut penser à du temps partiel, à des cours la fin de semaine, le soir ou l’été, ou encore développer la formation à distance. Cela appelle donc une diversification de notre offre d’enseignement.

C’est un enjeu important qui va continuer de nous occuper au cours des deux ou trois prochaines années, dans un contexte, on ne se le cachera pas, de restrictions budgétaires. Nous sommes chanceux de bénéficier d’un financement supplémentaire du ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur de 1,5 million $, dont un montant récurrent de 600 000 $ alloué aux universités qui offrent des programmes de formation à l’enseignement, et un montant additionnel de 900 000 $ sur deux ans que nous avons demandé et obtenu, tout cela pour mettre en place des solutions à la pénurie.

Le ministère nous a aussi accordé un montant de plus de 3 milllions $ pour un programme de bourses, ce qui va nous permettre d’offrir 113 bourses de 7 500 $ aux étudiants de première, deuxième et troisième année ayant les meilleures cotes R à l’entrée et les meilleures moyennes cumulatives les deux autres années, et 235 bourses de 3 600 $ aux étudiants de quatrième année, qui s’ajoutent à celle de 3 900 $ qu’ils reçoivent pour le stage 4 [le stage final], pour un total de 7 500 $. L’UQAM est l’université qui a reçu le plus gros montant en vertu de ce programme, qui a pour objectif de valoriser la formation en enseignement. En effet, nous formons à la Faculté, selon les chiffres du ministère, 21% des nouveaux diplômés en éducation, soit la plus forte proportion au Québec.

Un deuxième défi consiste à soutenir et à accroître la recherche en éducation pour que notre formation soit toujours de meilleure qualité. C’est par la recherche que l’on améliore la qualité de l’enseignement. Nous avons fait des avancées significatives à ce chapitre au cours des dernières années. Les vice-doyens à la recherche précédents et actuel ont fait du bon travail pour structurer l’aide à la recherche. Il faut continuer sur cette lancée.

Le troisième défi touche les services à la collectivité. Il faut trouver le moyen d’accroître notre impact comme faculté auprès de nos partenaires du quartier et de la ville. Si j’avais un rêve, ce serait d’avoir un financement qui nous permettrait de soutenir des écoles de notre environnement et d’avoir un service dédié pour la coordination, l’identification des besoins, le lien avec les professeurs. Nous sommes à la fine pointe des connaissances et nous voudrions mieux en faire profiter le milieu. Cela touche également la question de la formation continue en éducation, qui est à développer.

Que souhaitez-vous apporter à la Faculté en tant que doyen?

Je suis là pour que tous et toutes se mobilisent, car les forces vives de la Faculté, ce sont les personnes dans les départements : les employés, les chargés de cours, les professeurs. Le but est de réussir à faire travailler tous ces gens-là ensemble, dans une certaine collégialité, pour que nous soyons tous responsables de nos programmes. Je ne dis pas que ce n’est pas le cas actuellement, mais j’aimerais que nous soyons davantage porteurs d’un travail collectif. À la Faculté des sciences de l’éducation, nous ne pouvons pas nous passer de cette collaboration. Nous avons une responsabilité collective et quand on n’a pas les mêmes visions, ça crée des frictions. Il faut donc trouver des moyens de travailler ensemble. Je suis un défenseur de l’action collective parce que je pense qu’en travaillant à plusieurs, on réussit à faire mieux que lorsqu’on travaille seul.

Si j’avais un autre souhait, ce serait d’en venir à ce que nos programmes de formation soient centrés sur une approche encore plus inclusive. C’est un travail de longue haleine, qui est déjà bien amorcé. Il faut non seulement que nos programmes soient inclusifs, mais qu’ils forment à l’enseignement inclusif. Nous avons déjà commencé à lever les obstacles pour que les étudiants puissent participer à nos formations indépendamment de leurs caractéristiques personnelles, mais nous ne sommes pas rendus à faire en sorte que l'ensemble de nos programmes fassent la promotion de l’enseignement inclusif. Il y a des cours qui portent là-dessus dans certains programmes, mais cela se fait encore de façon compartimentée. Nous devons développer une réflexion sur nos programmes pour faire encore mieux. Dans un monde idéal, tout enseignant qui sort de la Faculté devrait pouvoir enseigner à tout élève.

Quelle est la plus importante contribution de votre faculté à la société québécoise?

Nous sommes la Faculté qui forme le plus d’étudiants en éducation au Québec. C’est notre plus importante contribution, mais ce n’est pas la seule. Avec plus d’une centaine de professeurs, nous avons un bassin d’expertises impressionnant. Par exemple, nous avons développé une expertise en éducation relative à l’environnement. Si quelque chose devait ressortir à l’heure actuelle, c’est bien cela, mais il y en a de nombreuses autres. On ne peut pas toutes les nommer, surtout si l’on veut mettre de l’avant notre travail collectif. Et ce travail collectif, c’est la formation des étudiants.

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