Championne canadienne au sabre féminin

30 Octobre 2006 à 0H00

À peine revenue au Québec, la voilà repartie! La sabreuse Sandra Sassine connaît une année exceptionnelle. Elle a remporté son quatrième titre canadien consécutif en juin dernier à l’UQAM, avant de rafler la médaille d’or des Championnats du Commonwealth, disputés en septembre à Belfast, en Irlande du Nord. Elle s’est également rendue à Turin, en Italie, et à Valencia, au Vénézuela. L’étudiante au baccalauréat d’intervention en activité physique s’accordera un peu de répit en novembre, puis elle s’envolera vers Vancouver au début du mois de décembre, afin d’y défendre son titre de championne canadienne.

Il y a longtemps que Sandra s’entraîne pour atteindre le sommet de sa discipline, que plusieurs décrivent comme une partie d’échecs que l’on doit disputer en courant le 100 mètres. «L’escrime est un sport qui allie technique et tactique, tout en demandant un effort physique bref mais très intense», explique-t-elle. Lors des rondes préliminaires d’une compétition, le premier à réussir 5 touches sur son adversaire l’emporte, souvent en moins de trente secondes. «Quand l’arbitre donne le signal, tout se déroule rapidement et l’hésitation ne pas», précise-t-elle. Les sabreuses qui atteignent le tableau principal disputent ensuite des rencontres où 15 touches sont nécessaires pour l’emporter.

Aux Championnats du Commonwealth, le 21 septembre dernier, Sandra a disputé 13 matchs avant d’être couronnée championne en soirée. «Ce fut ma plus belle compétition à vie, affirme- t-elle. La force d’une sabreuse réside dans sa capacité à attaquer tout en s’adaptant à la tactique de l’adversaire, ce que j’ai réussi ce jour-là avec une constance exemplaire.»

 

De père en fille

Chez les Sassine, la passion se transmet d’une génération à l’autre. Sandra a débuté au fleuret à l’âge de six ans, sous le regard attentif de son père, maître d’armes et entraîneur chevronné, qui a quitté l’Égypte pour venir s’installer à… Chibougamau, où elle a vécu son enfance et son adolescence.

Dès l’âge de douze ans, elle fait partie de l’équipe nationale des moins de 17 ans et s’entraîne chaque jour. L’année suivante, elle participe à des compétitions internationales accompagnée de son père ou de sa mère, l’une des rares femmes maître d’armes au Canada. En 1997, lorsque le sabre féminin devient une discipline reconnue au niveau international, elle délaisse le fleuret. Après un intermède à Winnipeg, au tournant des années 2000, sa famille s’installe dans la région de Montréal où son père fonde le club Coeur de Lion du collège Regina- Assumpta. Sandra s’entraîne toujours à ce club, à raison de cinq séances par semaine.

 

Objectif Pékin

Sa saison comporte habituellement trois compétitions canadiennes, deux compétitions aux États-Unis et environ six à sept compétitions internationales. Coût total : plus de 25 000$. Même si elle bénéficie du soutien financier de la Fédération canadienne d’escrime et de Sports Canada, elle doit recueillir des fonds une ou deux fois dans l’année pour boucler son budget. Aucun commanditaire ne s’est pointé le bout du nez jusqu’à maintenant.

Depuis 2003, Sandra sillonne la planète en solitaire, sans entraîneur. «C’est parfois difficile émotionnellement», confie-t-elle. Mais sa passion l’emporte. Elle a raté de peu les qualifications pour participer aux Jeux olympiques d’Athènes en 2004, mais espère se reprendre pour Pékin, à l’été 2008. «J’aurai alors 29 ans et ce sera ma dernière compétition», annonce-telle sans regret. Elle souhaite ensuite terminer ses études (probablement en 2009), fonder une famille et enseigner l’éducation physique au cégep. «Je suis reconnaissante envers l’UQAM qui m’a permis d’étudier à temps partiel», tient-elle à souligner.

L’escrime sera toujours présente dans sa vie, puisqu’elle entraîne des équipes depuis l’âge de 13 ans et continuera à le faire. Elle convoite même sans détour le poste d’entraîneuse de l’équipe nationale. Quoi de plus normal pour celle qui a remporté le championnat canadien cinq fois au cours des six dernières années?

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