Emploi: fidéliser la génération Y

13 Novembre 2006 à 0H00

Avec les pénuries de personnel de plus en plus prononcées dans certains secteurs de l’économie, les jeunes professionnels ont l’embarras du choix quand vient le temps de se lancer sur le marché du travail. «Dans certains domaines, comme celui des services financiers, le taux d’emploi est pratiquement de 100% trois mois après la sortie de l’université», note Sylvie Guerrero, professeure au Département d’organisation et ressources humaines et cotitulaire de la Chaire en gestion des compétences de l’École des sciences de la gestion (ESG).

Comment retenir ces jeunes professionnels une fois qu’on a réussi à les embaucher? Voilà en gros le sujet de recherche auquel Sylvie Guerrero consacre ses efforts. «Depuis quelques années, on a vu émerger un nouveau discours sur le problème de la relève, sur les jeunes de la génération Y (ceux de 28 moins et moins) qui auraient un comportement beaucoup plus négociateur et opportuniste, explique la chercheuse. J’ai voulu savoir si c’était vrai et comment on pouvait arriver à fidéliser ces jeunes travailleurs.»

En fait, les jeunes ne seraient pas plus instables ou infidèles que les autres. Selon Sylvie Guerrero, plusieurs recherches menées sur la question n’ont pas permis de montrer un effet générationnel à ce niveau. «Les jeunes sont plus exigeants parce que le marché du travail le leur permet», dit-elle.

Ce qui crée la loyauté, selon ses recherches, c’est le respect du contrat psychologique négocié entre l’employé et le patron au moment du recrutement ou de l’entrevue annuelle d’évaluation. D’un côté, l’employeur promet un salaire, des conditions de travail, des possibilités d’avancement. L’employé, quant à lui, s’engage à accomplir certaines tâches, à être performant, à faire de son mieux. «Si les engagements sont respectés, cela crée du sens pour l’employé et développe sa loyauté », affirme Sylvie Guerrero. Au contraire, il n’y a rien de pire pour retenir un jeune professionnel que les promesses qu’on ne peut pas tenir.

Depuis son arrivée à l’UQAM, en 2004, Sylvie Guerrero a obtenu une première subvention du Fonds québécois de la recherche sur la société et la culture (FQRSC) pour tenter de comprendre plus précisément ce qui conduit à la rupture du contrat psychologique. Elle entreprendra l’hiver prochain une nouvelle recherche pour examiner le rôle des valeurs personnelles des employés de la génération Y dans l’établissement de ce contrat. Elle compte recruter 500 jeunes professionnels parmi les étudiants de l’ESG déjà sur le marché du travail et inscrits aux programmes de deuxième cycle. Avis aux intéressés.

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