À la barre des finances de l'UQAM

16 Octobre 2006 à 0H00

«Il faut donner à l'ensemble de la communauté universitaire les moyens de poursuivre son excellent travail», déclare la nouvelle vice-rectrice aux Affaires administratives et financières de l'UQAM, Monique Goyette, en poste depuis le 29 mai dernier. Dans le contexte de sous-financement chronique qui afflige les universités québécoises, le défi qui l'attend est de taille.

Elle le sait et avoue être familière avec ce genre de dossier, ayant oeuvré depuis plus de quinze ans dans le milieu de la culture, un autre domaine où les cordons de la bourse gouvernementale ne se délient pas facilement. Elle a vécu les années de réorganisation interne à Télé-Québec, où elle a successivement occupé les postes de directrice des ressources humaines et de directrice générale de l'administration (1989-1998), avant d'accepter les mêmes fonctions à la Grande Bibliothèque, qu'elle a quittée à la faveur de l'UQAM après en avoir piloté le projet de construction, la mise en service ainsi que deux fusions (avec la Bibliothèque nationale en 2002, puis les Archives nationales en 2006). Sa venue à l'UQAM, à un jet de pierre de la Grande Bibliothèque, la replonge en plein chantier, au propre comme au figuré.

Elle avoue avoir profité de la période estivale pour se familiariser avec l'université, multipliant les lectures et les rencontres avec ses collègues de la Direction afin d'être au fait des grandes orientations priorisées pour les années à venir. «J'embarque dans un train en marche, mais les gens de mon équipe facilitent mon intégration, tient-elle à souligner. Ils sont très qualifiés et entièrement dévoués à l'université.» Les dossiers prioritaires de son vice-rectorat sont le sous-financement et le chantier de l'Îlot Voyageur, bien entendu, mais aussi l'implantation des systèmes d'information de gestion (SIG), ainsi que les autres projets de développement immobilier.

 

Gestion transparente

À l'instar de la CREPUQ, Mme Goyette considère que le réinvestissement de 320 millions de dollars du gouvernement Charest dans le réseau de l'éducation post-secondaire (dont 240 millions pour les universités) n'est pas suffisant. Elle demeure néanmoins optimiste. «Il faut d'abord s'assurer d'avoir un budget équilibré, affirme-telle. En tenant compte du réinvestissement annoncé, le comité du budget travaillera au cours des prochaines semaines à un plan triennal de redressement des finances de l'UQAM. J'ai d'ailleurs l'intention d'être transparente sur la situation financière et sur ce qui devrait être fait.»

Il lui faudra ensuite reprendre le bâton du pèlerin et faire les représentations nécessaires auprès des instances gouvernementales. «En tant que président de la CREPUQ, notre recteur est évidemment très impliqué et je le suis également par le biais d'un regroupement universitaire des vicerecteurs aux finances. Si les associations étudiantes se mettent de la partie, ce sera encore mieux, espère-t-elle. Redresser les finances demande une contribution de tous, car il s'agit d'un objectif institutionnel.»

Que chacun mette l'épaule à la roue, et surtout, que le travail ne s'effectue pas en vase clos, voilà ce qui revient souvent dans le discours de la nouvelle vice-rectrice. «Je prône une gestion intégrée, explique-t-elle, c'està- dire que tous les acteurs et intervenants concernés par une problématique donnée s'assoient ensemble et partagent les informations nécessaires pour parvenir à la meilleure décision possible.»

Elle s'intéresse visiblement autant, sinon plus, à la partie administrative de sa tâche. «Ce volet, quoique moins apparent, est tout aussi important que les finances, explique-t-elle, car ce sont les façons de faire et le respect de l'ensemble des règles et des procédures, qui doivent être souples et fonctionnelles à la fois, qui nous permettent en bout de ligne d'atteindre la reddition de comptes propre à notre gestion des fonds publics.» En résumé, elle souhaite établir une gestion administrative saine, claire, efficace et transparente.

Si par le passé sa fonction a cumulé la direction de l'administration, des finances et des ressources humaines, elle n'est pas mécontente que celle-ci ait été scindée en deux vice-rectorats distincts, en raison de l'envergure de l'UQAM et de la complexité des dossiers. «Les ressources humaines constituent une ressource prioritaire et Ginette Legault pourra s'y consacrer entièrement, dit-elle. Nous collaborons étroitement à mettre à la disposition de l'Université les ressources nécessaires à la pleine réalisation de son mandat.»

Physiothérapeute de formation, Mme Goyette a été présidente du Cartel des organismes professionnels de la santé (un regroupement syndical de quelque 35 000 membres), de 1980 à 1989. «J'ai longtemps défendu les intérêts des employés et je continue de le faire, explique-t-elle. Même si l'on s'occupe des finances et des ressources matérielles, la dimension humaine est capitale.» Selon elle, les meilleures décisions administratives sont le fruit d'une sensibilité aux «gens avec lesquels on travaille et à l'environnement. » À plus forte raison lorsque le service que l'on rend mise avant tout sur le capital humain, comme c'est le cas à l'UQAM.

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