La forêt comme terrain de jeu

16 Octobre 2006 à 0H00

Virginie-Arielle Angers est une habituée des prix décernés par l'Association francophone pour le savoir (Acfas). En 2003, elle avait remporté le concours de vulgarisation de l'Association pour un article intitulé Une crise du logement en forêt. Cette année, elle récidive avec le prestigieux prix Ressources naturelles, offert en collaboration avec Ressources naturelles Canada à un étudiant au doctorat pour l'excellence de son dossier académique et la qualité de son projet de recherche.

Au cours de sa brève carrière académique, la doctorante de 30 ans a aussi remporté la bourse de la Forêt d'enseignement et de recherche du lac Duparquet, la bourse de la Chaire industrielle CRSNG-UQAT-UQAM en aménagement forestier durable, une nomination pour la Médaille du Gouverneur général ainsi qu'une mention d'honneur et une mention d'excellence académique de l'UQAM. C'est sans compter les bourses du Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada (CRSNG) et du Fonds québécois de la recherche sur la nature et les technologies (FQRNT) dont elle a bénéficié pour ses recherches.

À voir son curriculum vitæ, on comprend vite ce qui a séduit les membres des jurys. En parallèle à ses travaux de recherche, Virginie-Arielle Angers s'implique dans moult activités académiques. Membre du conseil d'administration du FQRNT, elle travaille aussi comme chargée de travaux pratiques pour certains cours du baccalauréat, corrige les textes du journal publié par le Centre d'étude de la forêt et aide les étudiants à remplir leurs demandes de subventions pour le CRSNG ou le FQRNT. Elle a également organisé et guidé un atelier d'écologie forestière en Finlande avec Christian Messier et travaillé au sein d'organisations spécialisées en recherche forestière en France et aux États-Unis.

Quand elle n'est pas à l'université, on peut souvent trouver Virginie- Arielle Angers sur son terrain de jeu préféré : la forêt. «Je suis née dans le bois», raconte-t-elle à la blague. Certes, la maison où elle a grandi, à Val- David, avait toutes les commodités, mais dans la cour se trouvait une forêt «assez grande pour s'y perdre». Son père, psychiatre, avait fait partie du Cercle des jeunes naturalistes dans sa jeunesse et avait été marqué par une rencontre avec le frère Marie-Victorin. «À la maison, on avait une copie de La flore laurentienne. On partait les fins de semaines en expédition, à la recherche de nouvelles espèces végétales.»

Lorsque l'étudiante s'est finalement résignée à déménager en ville, c'était pour étudier l'ingénierie forestière à l'Université Laval. Elle a ensuite choisi l'UQAM pour sa maîtrise, puis son doctorat. Elle a passé les trois derniers étés à sillonner la forêt d'enseignement et de recherche du lac Duparquet, en Abitibi, à la recherche... d'arbres morts. «Les arbres morts occupent des fonctions importantes en forêt, explique-t-elle. Ils procurent nourriture, habitat et lieux de reproduction pour plusieurs espèces. Or, quand les forêts sont aménagées trop intensivement par les compagnies forestières, on élimine ces précieuses ressources. Dans certains pays scandinaves, ce phénomène a mené à des pertes de biodiversité. Ce n'est pas encore survenu ici, mais il faut recueillir plus de données pour prévenir le problème. On connaît encore peu de choses sur la dynamique du bois mort au Québec.»

La doctorante compte combler en partie ce vide avec le dépôt de sa thèse, prévu pour le début 2008. Et après? «Je ne sais pas encore. Je ne fais pas un doctorat dans une optique stratégique. Je le fais parce que j'aime la recherche. Si je peux continuer dans ce milieu après mon doctorat, je serai sans doute comblée. Mais je suis ouverte à toutes sortes de possibilités.»

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