L'UNESCO et le patrimoine mondial de l'humanité

2 Octobre 2006 à 0H00

De la baie de Ha-Long au sanctuaire inca de Machu Picchu, en passant par les pyramides de Guizeh ou la cathédrale de Chartres, plus de 800 sites figurent sur la liste du patrimoine mondial de l’humanité établie par l’UNESCO. Ces lieux exceptionnels, situés dans 138 États, forment à la fois le plus précieux legs des civilisations passées et un magnifique héritage culturel que nous transmettrons aux générations futures. À condition de savoir les préserver.

Confrontés à des actions de destruction délibérée, aux impacts de la pollution et aux effets pervers du tourisme de masse, ces sites sont fragilisés, souvent même menacés de disparition, comme en témoignent les 31 sites qui figurent sur la liste du patrimoine mondial en péril. L’UNESCO estime qu’une centaine d’autres sites sont actuellement dans une situation préoccupante.

Danielle Maisonneuve, titulaire de la Chaire en relations publiques à l’UQAM et professeure au Département de communication sociale et publique, mène depuis trois ans une étude sur les stratégies de communication entourant le patrimoine mondial de l’UNESCO. «La population n’est pas suffisamment sensibilisée à la fragilité et à l’importance des sites, croit-elle. En déployant des efforts de communication, on pourrait faire beaucoup de chemin pour mieux les protéger.»

Madame Maisonneuve a visité une cinquantaine de sites classés au cours des dernières années, en Chine, au Vietnam, en Égypte, en Europe et en Amérique du Nord. Sauf exception, il n’y avait jamais d’information, sur les lieux ou dans la documentation, indiquant aux visiteurs qu’ils se trouvaient sur un site de l’UNESCO, a-telle noté. En visitant un beffroi classé, en Belgique, elle est allée jusqu’à demander à une employée s’il y avait dans sa ville des sites du patrimoine mondial. «Elle m’a répondu que non. J’étais stupéfaite! Comment est-on censé sensibiliser le public quand les employés qui travaillent sur place ne sont même pas au courant du statut des lieux?»

Comme l’explique la professeure, chaque État qui dépose une demande auprès de l’UNESCO pour faire classer un site doit proposer un plan de gestion pour en assurer la conservation. Elle a récemment reçu une invitation de l’UNESCO pour se rendre à Paris et consulter l’ensemble des plans de gestion déposés par les États, question de voir s’ils prévoient ou non des stratégies de communication. Au cours des prochaines années, elle pourra ainsi pousser plus loin ses recherches. «Les stratégies de relations publiques pour la diffusion d’information concernant les sites du patrimoine mondial de l’UNESCO seront documentées, en spécifiant la nature des communications développées sur les sites, en particulier lorsqu’ils sont confrontés à des contextes pouvant mettre en péril leur intégrité.»

Danielle Maisonneuve rappelle que certains sites ont été sauvés grâce à des campagnes de communication publique, tels Venise ou le site d’Abou Simbel, en Égypte, qui a été relocalisé pour éviter qu’il ne soit submergé lors de la construction du barrage d’Assouan. «La communauté internationale a été interpellée et s’est mobilisée pour venir à la rescousse de ces sites exceptionnels, dit la chercheuse. Ceci illustre à quel point les campagnes d’information peuvent contribuer à sauvegarder le patrimoine culturel mondial.»

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