Représenter le Canada à la Biennale de Venise

27 Novembre 2006 à 0H00

L'ambiance était euphorique. Des dizaines de personnes, parents, amis et artistes, s'étaient rassemblées dans un bar du centre-ville pour fêter le sculpteur David Altmejd, de passage à Montréal. À 32 ans, il est le plus jeune artiste à représenter le Canada à la Biennale de Venise, la plus ancienne et la plus prestigieuse exposition internationale d'art contemporain, dont la 52e édition se tiendra du 10 juin au 21 novembre 2007.

«L'idée de participer à cet événement m'excite tellement que j'y pense jour et nuit. Cela prouve que j'avais raison de persévérer et de me faire confiance», raconte David Altmejd avec un large sourire.

Diplômé de l'École des arts visuels et médiatiques de l'UQAM (B.A., 1998) et de l'Université Columbia (MFA, 2001), David Altmejd partage son temps entre Montréal, New York et Londres. En quelques années, il a acquis une renommée mondiale : ses oeuvres ont été exposées au Québec, aux États-Unis, en Europe, et se retrouvent aujourd'hui dans des collections comme celles des musées Guggenheim et Whitney de New York.

C'est la commissaire Louise Déry, directrice de la Galerie de l'UQAM, qui est chargée d'organiser l'exposition de David Altmejd. «Il lui a fallu du courage pour accepter de relever le défi que représente la Biennale de Venise, souligne Mme Déry. Mais quand on sait que cet événement va attirer plus d'un million de visiteurs, près de 5 000 journalistes d'une cinquantaine de pays, et au-delà de 30 000 professionnels du milieu de l'art et des musées, on se dit que le jeu en vaut la chandelle.»

Force esthétique

David Altmejd a été sélectionné par un jury d'experts en art contemporain international qui a reconnu l'originalité et l'audace de sa démarche, déclare Louise Déry. «Quand j'ai vu pour la première fois ce qu'il faisait, j'ai moimême été soufflée par la puissance et la vitalité de ses oeuvres. Et depuis neuf ans, je n'ai pas cessé de suivre son travail.»

Les installations sculpturales de David Altmejd sont spectaculaires et convient le public à vivre des expériences sensorielles. Son vocabulaire plastique explore les interactions entre l'animal et l'humain et entre le biologique et le minéral. La figure mythique du loup-garou, récurrente dans son oeuvre, constitue une sorte de métaphore dramatique de l'être, partagé entre un côté bon et un côté diabolique, mais aussi de la condition humaine à l`heure des manipulations génétiques.

Le jeune sculpteur a l'intention d'exploiter l'architecture du pavillon du Canada à Venise, bâtiment en forme d'hémicycle, très éclairé, et ouvert sur un boisé. «C'est un endroit magnifique où règne une ambiance romantique. Cela m'a donné l'idée de construire une volière gigantesque avec des structures en miroir», explique-t-il.

Pour produire l'exposition, la Galerie a obtenu la collaboration du Conseil des arts du Canada, du ministère fédéral des Affaires extérieures et du Musée des beaux-arts du Canada. Elle a reçu également un appui financier décisif de la nouvelle Fondation DHC/ART, commanditaire exclusif de David Altmejd et du pavillon canadien à la Biennale. Financé par des intérêts privés, cet organisme montréalais sans but lucratif présentera à compter de l'automne 2007 des expositions d'artistes canadiens et internationaux parmi les plus importants de l'heure. Les fondations pour les arts étant peu nombreuses au Canada, c'est tout le milieu de l'art contemporain qui se réjouit de l'implantation de DHC/ART dans le Vieux-Montréal.

Rappelons que la Galerie de l'UQAM consacrera sa dernière exposition de la saison à David Altmejd, du 11 mai au 8 juillet 2007. Présentée dans le cadre de la Biennale de Montréal, elle circulera dans deux autres centres urbains au Canada : Oakville et Calgary.

CATÉGORIES
PARTAGER