Touche-à-tout musicale

Depuis sa victoire au Festival en chanson de Petite-Vallée, en 2002, Catherine Major carbure aux rencontres signifiantes… et à la musique! 

15 Avril 2006 à 0H00

Série Tête-à-tête
Rencontre avec des diplômés inspirants, des leaders dans leur domaine, des innovateurs, des passionnés qui veulent rendre le monde meilleur.​

Catherine Major
Photo: Nathalie St-Pierre

Assise devant une tasse de thé brûlant, dans un café d’Outremont à deux pas de chez elle, Catherine Major n’hésite pas longtemps avant de qualifier ses débuts dans l’univers de la chanson. «Chanceuse, je suis chanceuse!» laisse-t-elle tomber. Sa chance? De belles rencontres avec des gens du milieu qui l’ont écoutée et laissée prendre sa place, dit-elle. Mais aussi un talent fou au piano qu’elle met au service de ses chansons, qui mêlent les accents de swing et de tango, de jazz et de musique cubaine.

Depuis sa victoire au Festival en chanson de Petite-Vallée, en 2002, l’auteure-compositrice-interprète (B.Mus., 03) carbure aux rencontres signifiantes… et à la musique! Pour son premier album, Edgar Bori, des Productions de l’onde, lui a laissé carte blanche. Il lui a aussi présenté Jacques Laurin, avec qui elle a coréalisé un disque qui lui ressemble, Par-dessus bord, amalgame de son amour pour la chanson française (Maurane, Jonaz, Sanseverino, Bénabar) et des influences tziganes, latines et africaines qui peuplent son univers musical. Elle a composé toutes les musiques et signe six des douze textes de l’album. 

Lancé en février 2004, Par-dessus bord a été salué par la critique, qui a souligné l’authenticité et le talent de l’artiste, coproductrice du disque. Ce premier opus lui a valu un prix Coup de Cœur de l’Académie Charles Cros (France), ainsi que le Prix des diffuseurs européens / Sodec de la Bourse Rideau, en février 2005. Cette dernière récompense lui permet de présenter son spectacle une douzaine de fois en France, en Suisse et en Belgique ce printemps.

«Malgré un dépouillement au niveau de l’instrumentation, les chansons ont atteint un niveau supérieur en spectacle», affirme Catherine Major. Car la musicienne ne fait pas dans la demi-mesure. « Peu de spectateurs resteront indifférents à la fougue et à l’intensité de sa présence sur scène, écrivait Solange Lévesque, du Devoir, en octobre dernier. Quand Catherine Major s’assoit au piano et qu’elle se met à chanter, un frisson vous traverse. » Quelques jours plus tard, c’était au tour de Fabienne Couturier, de La Presse, d’en remettre : « La grande Catherine ne joue pas du piano, elle en danse. »

Modeste, la jeune femme insiste qu’elle n’est pas seule dans cette aventure. Louise Forestier, qui est un peu sa «marraine spirituelle», lui a donné un coup de main pour la mise en scène. Elle souligne également la contribution de ses musiciens, dont certains rencontrés à l’UQAM : le percussionniste Francis Roberge (B.Mus., 05), le contrebassiste Christophe Papadimitriou (B.Mus., 95) et le guitariste Nicolas Major. 

Ses années universitaires, notamment sa rencontre avec le pianiste François Bourassa, ont marqué un tournant dans son cheminement musical. «J’ai reçu une formation en jazz davantage qu’en musique populaire, précise-t-elle. J’y ai surtout appris à improviser, ce qui était difficile pour moi après des années de répertoire classique.» Car Catherine Major pianote depuis l’âge de quatre ans. «J’ai appris la notation musicale avant l’alphabet, affirme-t-elle. Le piano est une extension de ma personne, c’est mon langage premier.» 

Ses chansons ont séduit Richard Desjardins, qui l’a invitée à faire la première partie de quelques-uns de ses spectacles l’an dernier. À 26 ans, en plus de son album, elle a déjà signé la trame sonore de quatre documentaires, réalisé l’album de Jean Viau et fait un livre de musique pour enfants. Elle s’intéresse à l’enseignement du piano et cogite sur un projet de théâtre musical. Que lui reste-t-il dans son carton à projets? «La musique de film m’intéresse au plus haut point, je n’attends que les propositions!» répond-elle en riant. 

 

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