Les leçons de Dawson et de Virginia Tech

14 Mai 2007 à 0H00

Le drame survenu à Virginia Tech, le 16 avril dernier, soulève d'inévitables interrogations quant aux mesures d'urgence prêtes à être déployées advenant une situation semblable à l'UQAM. Le directeur de la prévention et de la sécurité, Alain Gingras, se fait rassurant. «Dans la foulée des événements de septembre dernier au collège Dawson, nous avons élaboré un plan spécifique que nous présenterons dès l'automne prochain à l'ensemble des personnels de l'UQAM», annonce-t-il.

«Il faut amener les gens à développer les bons réflexes pour qu'ils agissent adéquatement si une telle situation d'urgence se présente», explique M. Gingras, qui a récemment suivi une formation sur le sujet au quartier général du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), en compagnie de deux de ses collègues. Signaler tout incident au poste 3131, puis se barricader dans un local et attendre les consignes données via le réseau phonique de l'UQAM, tels sont les deux premiers réflexes à développer selon lui. «Le 3131 est plus rapide que le 911, précise-t-il. Nous nous occupons ensuite de contacter le SPVM, qui prendra en charge l'intervention sur le campus.»

La fuite demeure une option risquée si le tireur est à proximité, explique M. Gingras, qui insiste sur l'importance de se mettre à l'abri. Seulement voilà, les serrures des classes de l'UQAM ne permettent pas de verrouiller de l'intérieur en empêchant un présumé tireur de déverrouiller de l'extérieur. «Nous évaluons présentement le remplacement des quelque 400 serrures en cause avec nos collègues du Service des immeubles et de l'équipement», précise le directeur de la prévention.

Collaboration avec le SPVM

Il existait déjà à l'UQAM des plans d'intervention d'urgence pour des cas de figure tels qu'un incendie, une alerte à la bombe ou un colis suspect. Ils requièrent tous une étroite collaboration avec les services d'incendies, d'Urgence-santé ou du SPVM. La présence d'un présumé tireur nécessiterait cependant une intervention beaucoup plus rapide des policiers, estime M. Gingras. «Nous pouvons dès maintenant augmenter l'efficacité de leur intervention, dit-il. Par exemple, l'automne dernier, nous avons implanté des visites du campus avec des policiers du poste de quartier 21 afin qu'ils puissent se familiariser avec l'UQAM et mieux s'orienter à l'intérieur de nos murs.»

Ces visites ont été utiles le 9 mars dernier, lorsqu'un employé de l'UQAM a signalé en début de soirée – au 3131 – la présence d'une personne qui faisait semblant de tirer sur les gens à l'aide d'une carabine, aux abords de la Coop UQAM, au niveau métro. «Nous avons rapidement contacté les policiers. Dès leur arrivée, ils ont immédiatement dressé un périmètre de sécurité», explique M. Gingras, qui est revenu à l'UQAM en catastrophe ce soir-là. Le pavillon Judith-Jasmin a été évacué et fouillé de fond en comble, tandis que la rue Saint-Denis a été fermée à la circulation.

Pendant ce temps, l'équipe de M. Gingras visionnait les images captées par les caméras de sécurité de l'UQAM. Il s'est avéré qu'une personne menaçait effectivement des gens, mais avec son squeegee. «Les policiers avaient déjà un indice qu'il s'agissait d'une fausse alerte, explique- t-il. Un seul appel avait été logé, contrairement à plus d'une centaine à Dawson l'automne dernier, mais ils ne devaient cependant courir aucun risque et procéder à toutes les vérifications d'usage.»

Éviter la dramatisation

Le service d'aide psychologique des Services à la vie étudiante et le programme d'aide destiné aux employés de l'UQAM n'ont reçu en consultation que trois personnes à la suite des événements survenus au collège Dawson, et aucune après la tragédie de Virginia Tech. Alain Gingras est toutefois conscient que parler de sécurité et de prévention peut affoler certains membres de la communauté universitaire. «Je le répète : la probabilité qu'un tel événement survienne est très faible, mais elle existe et nous devons être prêts», conclut-il.

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