Revisiter l'éducation à la santé sous l'angle de l'éducation

22 Janvier 2007 à 0H00

Au cours des 30 dernières années, on est passé, dans le domaine de la santé publique, du paradigme de la faute, selon lequel la personne est responsable de sa maladie, au paradigme environnementaliste, selon lequel c'est l'environnement qui est responsable de tout. Pour améliorer la santé des gens, on croit donc qu'il faut changer leur environnement, faire des règlements, adopter des politiques, poursuivre les compagnies de tabac, etc. «Maintenant, on travaille surtout sur l'environnement, en prenant pour acquis que la santé des gens va s'améliorer d'elle-même, dit Joanne Otis, professeure au Département de sexologie et titulaire de la Chaire de recherche du Canada en éducation à la santé. Ici, on pense qu'il faut rechercher un équilibre.»

Les gens ont un rôle à jouer dans leur santé, croit la chercheuse. Ils ne sont pas passifs. Les personnes et les communautés doivent s'impliquer dans les changements à apporter à leur environnement. Mais pour cela, on doit leur fournir des outils. C'est le rôle de l'éducation à la santé. Or, celle-ci a trop souvent été prise en charge par les sciences de la santé. À l'UQAM, la Chaire est logée à la Faculté des sciences de l'éducation et, selon Joanne Otis, cela fait toute une différence. «Dans l'éducation à la santé, il est temps de revaloriser le pôle éducation», dit-elle.

Revisiter l'éducation à la santé

Intitulé «Revisiter l'éducation à la santé sous l'angle de l'éducation : un projet facultaire», le premier colloque de la Chaire en éducation à la santé se tiendra le 29 janvier prochain. Ce colloque, qui a reçu le soutien du doyen, Marc Turgeon, se veut une occasion de réfléchir sur la place de l'éducation à la santé à la Faculté des sciences de l'éducation.

Quelles sont les meilleures stratégies à adopter? Quels sont les manques actuels dans la formation des maîtres sur le plan de l'éducation à la santé? «Dans le contexte de la réforme scolaire, la santé et le bien-être constituent l'un des cinq domaines généraux de formation qui doivent être pris en charge par l'ensemble des enseignants, précise Joanne Otis. Chaque enseignant doit trouver des stratégies pour intégrer les préoccupations relatives à la santé et au bienêtre dans son enseignement, ce qui est un défi lorsqu'on enseigne le français ou les sciences et technologies.»

L'axe scolaire constituera l'axe majeur du colloque, mais des présentations seront aussi consacrées aux deux autres axes de développement de la Chaire, soit l'éducation à la santé en milieu clinique et l'éducation à la santé en milieu communautaire. C'est d'ailleurs Lucie Sauvé, titulaire de la Chaire en éducation relative à l'environnement, qui présentera la conférence d'ouverture avec Joanne Otis. L'éducation à la santé n'est pas seulement l'affaire de l'école, souligne cette dernière. Elle concerne autant les intervenants des Centres de la petite enfance – «on sait que dans le domaine des habitudes de vie, plus on commence à travailler tôt, plus c'est payant» –, que les professionnels de la santé oeuvrant en réadaptation ou en santé mentale.

Une vision élargie

«L'éducation, à la Faculté des sciences de l'éducation, ne se résume pas à la formation des enseignants», note Monique Brodeur, vice-doyenne à la recherche et membre du comité de la recherche qui a organisé le colloque. Dans les trois départements qui relèvent de la Faculté, on s'intéresse à la pédagogie sous toutes ses formes, de la garderie à l'université, de la formation continue à la formation professionnelle, de l'éducation spécialisée à l'éducation muséale. «À l'UQAM, nous avons une vision élargie de l'éducation, qui s'inscrit bien dans une collaboration avec la Chaire en éducation à la santé», ajoute la vice-doyenne.

Ce colloque reflète également la volonté de la Faculté des sciences de l'éducation de s'affirmer comme un lieu d'excellence dans la formation à la recherche, entre autres dans le domaine de l'éducation à la santé. «Longtemps, l'UQAM a eu une réputation d'université de premier cycle en éducation, mais dans nos dernières embauches, nous sommes allés chercher de jeunes chercheurs de haut niveau, observe Monique Brodeur. Et nous pensons que les deux choses sont liées : plus la recherche sera de qualité, plus la formation sera de bonne qualité.»

Il est encore possible de s'inscrire à ce colloque ouvert à tous les étudiants, chercheurs et professeurs intéressés par l'éducation à la santé.

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