Apprivoiser la bête médiatique

29 Septembre 2008 à 0H00

«Sois bref ou tais-toi.» Telle est, selon le titulaire de la Chaire de relations publiques et de communications marketing, Bernard Motulsky, la règle la plus simple que quiconque s'adressant aux médias devrait retenir. «Souvent, quand une personne se considère mal citée, on s'aperçoit que sa frustration vient du fait qu'elle a parlé pendant 45 minutes et que le journaliste n'a retenu qu'une phrase dans tout ce qu'elle a dit», précise celui qui vient de lancer, avec René Vézina, du journal Les Affaires, Comment parler aux médias(Éditions Transcontinental), un ouvrage qui fait le tour des dix commandements de la communication médiatique.

«Quand on donne une entrevue, il faut se concentrer sur un message principal, poursuit le professeur, et ne pas trop en mettre sur la table. C'est le job du journaliste de poser des questions s'il veut en savoir plus.» Parmi les autres commandements d'une bonne entrevue : se préparer avec soin (prendre le temps de réfléchir à son message - ne serait-ce que quelques minutes -, de replonger dans le sujet, de trouver quelques exemples ou statistiques sur Internet) et - 8e commandement - accepter de faire contre mauvaise fortune bon coeur.

«La personne qui a quelque chose à communiquer doit considérer la possibilité que lui offre une présence même minime dans les médias de s'adresser à des milliers de gens en même temps et accepter, en contrepartie, de pas contrôler entièrement son message», fait valoir le professeur au Département de communication sociale et publique.

Depuis dix ans, Bernard Motulsky et René Vézina offrent à des professionnels, des professeurs et des chercheurs des formations sur la communication médiatique. Le livre qu'ils viennent de publier constitue le prolongement du manuel qu'ils ont rédigé pour ce cours de «communication 101».

«Parmi les gens qui ont déjà donné des entrevues, 9 sur 10 estiment qu'ils ont eu de mauvaises expériences, mentionne le professeur. Nos formations commencent bien souvent par une séance de défoulement.» Selon lui, il est indispensable de comprendre comment fonctionnent les médias pour réussir ses communications publiques. «Le but d'une entrevue n'est pas de convaincre le journaliste, dit Bernard Motulsky, mais de s'assurer que le point de vue qu'on veut transmettre sera rapporté avec justesse.»

L'ouvrage s'attarde également sur les meilleures façons d'attirer l'attention des médias. «Les journalistes ne sont pas nos alliés, avertit l'auteur. Ils ne sont pas là pour défendre notre cause et n'ont aucun intérêt à mousser un événement ou une organisation, sauf si une nouvelle y est associée. On doit donc être stratégique : trouver, dans l'information qu'on veut faire circuler, un élément de nouvelle qui va avoir un impact sur le public ou se raccrocher à un événement de l'actualité.»

Pour être un bon communicateur, il faut accepter de jouer le jeu des médias. Et pour être un communicateur en demande, il faut se rendre disponible : «Répondre à une demande d'entrevue trois jours plus tard, ça ne fonctionne pas», souligne Bernard Motulsky, qui s'associera l'hiver prochain à la Division des relations avec la presse de l'UQAM pour offrir aux professeurs intéressés des formations sur la façon de s'adresser aux médias.

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