Dernier tour de piste d'un Citadin

18 Février 2008 à 0H00

«Mes plus belles années de basket sont derrière moi», constate avec lucidité Samuel Johnson, qui en est à sa dernière saison avec les Citadins. Le joueur de 24 ans, qui sera bachelier en éducation préscolaire et enseignement primaire au printemps, troquera le terrain de basket pour la salle de classe, où il sera à nouveau le meneur de jeu.

«J'adore l'enseignement», affirme Samuel, qui caresse le rêve de devenir enseignant, comme ses parents, depuis le cégep. Natif de Sherbrooke, il étudiait - et jouait au basket - au collège Champlain, à Lennoxville, lorsque Olga Hrycak, entraîneuse des Citadins, l'a remarqué. «C'est elle qui m'a convaincu de venir étudier à l'UQAM, se rappelle-t-il. J'ai accepté parce qu'en plus du basket, l'Université possède un excellent programme en enseignement.»

Il n'a pas perdu de temps à s'imposer sur le terrain, récoltant le titre de recrue de l'année 2004-2005, décerné par la Fédération québécoise du sport étudiant. L'année suivante, les Citadins ont remporté le championnat provincial et sont venus à trois points de battre la puissante équipe de l'Université Carleton lors du match d'ouverture du championnat canadien. «Ce championnat provincial est la plus belle réussite de ma carrière sportive», affirme Samuel, qui joue au basket depuis l'école secondaire.

L'expérience des stages

En parallèle avec ses exploits sur le terrain, il a effectué ses premiers stages en enseignement primaire, un domaine où les effectifs masculins sont rares. «Je l'ai constaté : les garçons sont heureux de s'identifier à une figure masculine autre que l'enseignant d'éducation physique, raconte-t-il. Ils peuvent alors développer une relation signifiante qui n'a rien à voir avec leurs habiletés sportives.»

Son deuxième stage devait obligatoirement se dérouler en classe préscolaire. «La maternelle, ce n'est pas pour moi, dit-il en riant. Je suis trop grand et tout est miniature!» Se pencher toute la journée, très peu pour lui, d'autant plus qu'une ancienne blessure au dos a refait surface après le championnat de 2006, le forçant à rater toute la saison de basket l'an dernier.

Avec le recul, il affirme que ce fut un mal pour un bien, puisqu'il en a profité pour effectuer son troisième stage hors Québec, dans une école du village de Batseng'La, au Cameroun. «J'habitais dans une famille d'accueil où le père était enseignant», raconte-t-il. Sa classe comptait 48 élèves, âgés de 10 à 17 ans. «Le plancher était en terre battue et les ressources inexistantes, se rappelle-t-il. Il y avait un tableau mais on avait de la difficulté à avoir de la craie. Les enfants avaient un crayon et un peu de papier, mais pas toujours.» Il a trouvé l'expérience ardue. «J'ai dû oublier la réforme, poursuit-il. L'enseignement magistral constitue la norme là-bas et les châtiments corporels, bien qu'officiellement bannis, subsistent encore. C'était donc très difficile d'entrer en contact avec les élèves, car ils étaient craintifs. Une simple question comme "Comment vas-tu?" provoquait des rires. Certains se sauvaient carrément. Pour la plupart, j'étais le premier blanc qu'ils voyaient en chair et en os. Bref, j'ai simplement tenté de transmettre la matière du mieux que j'ai pu.»

Terminer en beauté

Pour sa dernière année à l'UQAM, les Citadins ont connu un mauvais départ, perdant leurs cinq premiers matchs, mais ils ont rectifié le tir en remportant cinq des sept rencontres suivantes. Ils occupent présentement le quatrième rang du classement, avec une fiche de cinq victoires et sept défaites. «J'aimerais terminer ma carrière sportive sur une bonne note», espère Samuel, qui participera à la tournée européenne de l'équipe Dynamo ce printemps, après avoir complété son dernier stage d'insertion professionnelle.

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