La Direction de l'UQAM s'inquiète de tout retard dans la reprise des cours

20 Mars 2008 à 5H00

Devant la décision cette semaine de plusieurs associations étudiantes de demander à leurs membres de reconduire le mouvement de grève, le recteur Claude Corbo a cru utile de rappeler qu'elles franchissaient «un pas potentiellement irréversible» vers la non-possibilité matérielle de valider la session d'hiver 2008.

Les mesures adoptées le 18 mars par la Commission des études permettent, en effet, de sauver le trimestre d'hiver, à condition qu'elles soient appliquées sans délai. Au cours d'un point de presse tenu plus tôt cet après-midi, le recteur a expliqué qu'advenant un délai important dans la reprise des cours, il ne serait plus possible pratiquement et pédagogiquement de respecter les objectifs de formation des étudiants qui auront été absents plus de six semaines des salles de classe. Les contraintes du calendrier des études, les obligations des professeurs, des chargés de cours et des étudiants eux-mêmes ne permettraient pas de respecter le cadre de validation approuvé par la Commission des études.

Le plan de redressement

Le recteur a aussi fait valoir que la plupart des revendications étudiantes étaient impossibles à satisfaire parce qu'allant au-delà de la compétence de l'UQAM. Il n'est pas du ressort de l'Université de décréter la gratuité scolaire, l'abolition des frais afférents, l'établissement d'un réseau de garderies pour parents-étudiants, ou même de «négocier» le plan de redressement avec les étudiants, toutes revendications maintes fois entendues, car «à leur face même», elles interpellent le gouvernement du Québec et non l'UQAM, a reconnu le recteur.

Par ailleurs, M. Corbo s'est montré ouvert à donner des garanties écrites aux étudiants à l'effet que les domaines de la programmation formant le cœur de l'enseignement universitaire à l'UQAM ne seraient pas touchés par le plan de redressement, contrairement aux programmes plus ciblés qui sont l'objet de révisions périodiques.

Quant aux mesures touchant directement les étudiants et les associations elles-mêmes, la Direction a entamé des échanges qui se poursuivront après le congé de Pâques, a mentionné le recteur.

Le risque d'une impossible validation

M. Corbo espère que son message d'un urgent retour en classe sera entendu des étudiants, car toute prolongation de la grève pose un risque sérieux d'invalidation des cours du trimestre d'hiver 2008. Il faut un temps minimal d'apprentissage et d'assimilation de la matière, la réalisation de travaux académiques et l'application de mesures d'évaluation pour que soient atteints les objectifs d'un cours, a-t-il expliqué. Seuls les étudiants peuvent prévenir une issue qui leur serait préjudiciable, a conclu le recteur.

On peut consulter le texte intégral de la déclaration du recteur Claude Corbo, ainsi que son allocution vidéo.

PARTAGER
COMMENTAIRES 0 COMMENTAIRE