Institut Santé et société : renforcer les collaborations avec le CHUM

3 Mars 2008 à 0H00

La construction du nouveau CHUM au centre-ville de Montréal, à quelques pas de l'UQAM, représente une occasion unique pour intensifier les collaborations entre les deux institutions, soutient Diane Berthelette, directrice de l'Institut Santé et société.

C'est dans cette perspective que se situe la venue à l'UQAM de Jacques Turgeon. Le directeur du Centre de recherche du Centre hospitalier de l'Université de Montréal (CRCHUM) donnera une conférence le 5 mars au local D-R200, à compter de midi. «La conférence vise à mieux faire connaître les axes de recherche du CHUM auprès de nos professeurs et étudiants et, surtout à échanger sur les liens pouvant se développer entre les chercheurs», souligne-t-elle.

De nombreux professeurs de l'UQAM collaborent déjà à titre individuel avec des chercheurs du CHUM, rappelle la directrice de l'Institut. «La problématique de la santé des populations, par exemple, est commune à plusieurs chercheurs des deux établissements, même si les approches sont parfois différentes. Ceux qui, à l'intérieur des facultés de médecine, s'intéressent à cette question oeuvrent souvent en médecine sociale et préventive. Ils étudient entre autres les politiques de santé et les facteurs permettant d'expliquer les variations de l'état de santé parmi certaines catégories de la population.»

L'objectif à court terme, poursuit Mme Berthelette, est d'accroître les rapprochements en vue d'établir des partenariats à travers, notamment, la création d'équipes interdisciplinaires, le développement de nouveaux terrains de recherche et la formation de professionnels de la santé. «L'important est d'ouvrir des canaux pour que les deux univers se rencontrent dans un esprit de respect mutuel.»

Associer le milieu à la recherche

Les chercheurs de l'Institut Santé et société oeuvrent tant en sciences naturelles et biomédicales qu'en sciences humaines, en éducation et en sciences de la gestion. Si certaines de leurs interventions ont un caractère thérapeutique, la plupart de leurs travaux se situent dans une perspective de prévention et de promotion de la santé. Ils travaillent généralement en lien avec le milieu (groupes communautaires, entreprises, syndicats, CLSC, hôpitaux, médias, etc.) pour répondre aux besoins de groupes spécifiques tels les jeunes, les femmes et les autochtones. «À l'UQAM, nous avons l'habitude de travailler en partenariat, observe Mme Berthelette, et cela rejoint une préoccupation du CHUM qui veut renforcer la collaboration entre le milieu clinique et celui de la recherche.»

La professeure déplore par ailleurs la tendance des organismes subventionnaires à moins bien considérer les demandes de financement provenant des chercheurs en sciences sociales par rapport à celles provenant du monde biomédical. «Les objets et les démarches de recherche sont évidemment différents d'un univers à l'autre, mais l'important, c'est la cohérence entre les méthodes utilisées et les objectifs poursuivis», dit-elle. Diane Berthelette croit enfin qu'il faut repenser les indicateurs servant à mesurer les retombées des recherches en santé. C'est pourquoi l'Institut Santé et société a créé un groupe de travail pour développer des indicateurs adéquats qui ne se limitent pas au nombre d'articles publiés dans les revues scientifiques.

«Comme il existe une grande diversité de démarches, on doit éviter de développer des indicateurs basés exclusivement sur un approche biomédicale et sur la rentabilité économique. Nos analyses montrent que les projets de recherche associant les partenaires d'un milieu à toutes les étapes du processus, depuis la définition des orientations jusqu'à l'appropriation des résultats, sont ceux qui ont les meilleures retombées. C'est la voie suivie par l'UQAM depuis 30 ans.»

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