Les professeurs Louis Brunet et Michel Tousignant parmi les signataires d'une lettre dénonçant les visées du gouvernement Harper au sujet des jeunes contrevenants

28 Octobre 2008 à 5H00

Une quarantaine d'universitaires québécois, dont deux professeurs du Département de psychologie de l'UQAM, Louis Brunet et Michel Tousignant, ont publié récemment une lettre prenant position dans le débat sur la proposition du Parti conservateur du Canada d'imposer des peines plus dures à certains jeunes contrevenants. Intitulé «D'abord ne pas nuire», cette lettre démontre, recherches à l'appui, que la démarche proposée par le gouvernement Harper n'est pas scientifiquement valable.

Le 15 octobre dernier, l'assemblée départementale du Département de psychologie de l'UQAM a adopté une proposition appuyant cette lettre et demandant au directeur du département de l'acheminer aux instances appropriées.

Voici trois extraits de la lettre en question :

«De ce que nous savons, il semble que les mesures envisagées par les conservateurs incluent des peines de prison à vie pour des jeunes de 14 ans et plus, coupables de meurtres au premier ou au second degré. Les autres crimes violents seraient aussi punis plus sévèrement. Le Parti conservateur voudrait de plus abolir l'interdit de publication du nom des jeunes contrevenants de 14 ans et plus coupables d'une infraction violente, comme un meurtre, une tentative de meurtre ou une agression sexuelle. La nouvelle loi donnerait également discrétion au juge pour autoriser la publication du nom de jeunes coupables d'infractions répétées. Finalement, le chef conservateur a annoncé une série d'autres mesures visant à axer la loi davantage sur des principes de «dissuasion et de responsabilité», dont l'inclusion d'un énoncé qui déclarerait que «la protection de la  société  est  l'un  des objectifs  premiers de la  loi».  

 «Bien que nous ne sachions pas encore de quelle manière précise ces nouvelles orientations pourraient se traduire en termes de principes, d'articles dans la loi et de mesures, ni de quelle façon ceux-ci pourraient ensuite être appliqués par les juges et les intervenants, nous tenons à critiquer, voire même à dénoncer cette croyance selon laquelle des peines obligatoires plus dures envers les adolescents violents permettraient de mieux protéger la société.»

«Il est faux de prétendre que la promesse de M. Harper va dans le sens de l'intérêt général. Ce projet part dans la mauvaise direction et ne repose sur aucune base empirique. Il nous place même devant une situation où le remède est pire que le mal. Ces jeunes sortiront un jour de prison, en libération conditionnelle, et la prison risquera de les avoir endurcis dans le crime plutôt qu'autre chose. Voilà pourquoi, non pas sur la base «d'opinions d'expert» mais de données empiriques, il faut s'opposer à ce type de réforme.»

On peut lire la lettre complète, en format pdf, à l'adresse suivante : http://www.uqam.ca/divers/nepasnuire.pdf

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