Omnivox, un outil de consultation démocratique

31 Mars 2008 à 0H00

Le téléphone de Johanne Fortin, directrice du Secrétariat des instances, a beaucoup sonné ces derniers temps. «J'ai reçu plusieurs appels de professeurs et d'étudiants qui voulaient recourir à Omnivox pour l'élection de leur directeur de département ou pour le vote de grève dans leur association», raconte-t-elle. Depuis son implantation en 2004, ce système de votation suscite, en effet, de plus en plus d'intérêt à l'Université.

L'UQAM a été la première université québécoise à acquérir le système de votation Omnivox, que tout le monde décrit comme étant simple, efficace et sécuritaire, rappelle Mme Fortin. «Omnivox est une sorte de boîte de scrutin électronique facilement accessible sur le site Internet de l'Université et intégrée à son système de gestion de l'information. Auparavant, les gens recevaient leur bulletin de vote par la poste, opération qui était très coûteuse. Nous sommes passés du courrier postal au système téléphonique Votel, puis à Omnivox.»

La procédure est simple. Pour voter, les professeurs, chargés de cours, cadres et employés de soutien n'ont qu'à entrer leur numéro matricule et leur numéro d'identification personnel (NIP). Les étudiants, quant à eux, doivent inscrire leur code permanent et leur NIP. «Omnivox est un outil en constante évolution, au service de la communauté, souligne Johanne Fortin. Le Service de l'informatique et des télécommunications (SITEL) a travaillé à l'implantation d'un système convivial qui garantit la confidentialité. En période de consultation, il est accessible de partout dans le monde, 24 heures sur 24, sept jours par semaine.»

Différents types de consultation

La technologie Omnivox, dont l'utilisation est régie par le Règlement no 3 de l'Université sur les procédures de désignation, peut servir pour différents types de consultations auprès de différents groupes de personnes : consultation pour la désignation du recteur, d'un vice-recteur, d'un doyen de faculté, de représentants étudiants au conseil d'administration de l'Université, etc. Les personnes habilitées à voter ne sont pas les mêmes selon le type de scrutin. On peut même utiliser le système pour tenir un référendum ou un sondage.

Actuellement, Omnivox n'est pas utilisée pour des scrutins au sein de petits groupes de personnes et ne se substitue pas aux outils de consultation traditionnelle, comme les assemblées générales, observe Mme Fortin. «L'UQAM n'oblige aucun groupe à tenir un scrutin électronique à l'aide d'Omnivox. Cela dit, une association étudiante facultaire pourrait théoriquement utiliser Omnivox pour la tenue d'un vote ou d'une élection, si elle en manifestait la volonté.»

Participation grandissante

Johanne Fortin croit aux vertus démocratiques d'Omnivox et constate que sa popularité est grandissante. Ainsi, l'ensemble de la population étudiante de l'UQAM a été consultée à deux reprises depuis l'implantation d'Omnivox. En 2004, 377 étudiants avaient voté pour la désignation de leurs représentants au conseil d'administration de l'Université. En février dernier, ils étaient 2 246 à se prononcer lors du référendum sur la cotisation automatique non obligatoire (CANO) pour financer les grands groupes étudiants. Par ailleurs, 397 professeurs, sur 1 100 environ, se sont prévalu récemment de leur droit de vote lors du scrutin pour désigner le vice-recteur à la Vie académique, alors que 314 avaient participé à la consultation de septembre 2005 pour le renouvellement du mandat de la vice-rectrice à la Vie académique et vice-rectrice exécutive, Mme Danielle Laberge.

La technologie Omnivox, rappelons- le, a été entièrement développée au Québec par la compagnie Skytech Communications, en étroite collaboration avec le milieu de l'éducation. Chaque année, plus de 200 000 étudiants et 15 000 enseignants et autres membres du personnel des collèges et universités du Québec l'utilisent parce qu'elle leur permet d'épargner temps et déplacements et d'avoir accès à une foule de services : admission, inscription, modification d'horaire, résultats scolaires, paiement en ligne, etc.

Les possibilités offertes par ce système sont multiples, soutient Mme Fortin. «Rien n'interdit d'imaginer que l'on puisse trouver un jour sur la page Web d'Omnivox un forum de discussions sur un sujet donné, ou des capsules vidéo présentant les programmes de candidats à un poste électif.»

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