Signaux du corps et santé mentale

28 Avril 2008 à 0H00

À l'Hôpital Rivière-des-Prairies, un hôpital pédopsychiatrique qui reçoit des enfants aux prises avec de graves problèmes de panique, d'anxiété ou de stress, un programme thérapeutique basé sur un jeu d'aventure en gymnase produit des résultats extraordinaires. Après 12 séances, 53 % des jeunes notent une amélioration de leurs symptômes et 39 % une amélioration importante, ce que confirment leurs parents. Ces résultats seront présentés pour la première fois lors d'un colloque intitulé «Maladie mentale et corrélations physiologiques», organisé par le physiologiste Alain Steve Comtois, professeur au Département de kinanthropologie.

«Ce colloque a pour objectif d'explorer les liens qui existent entre des systèmes physiologiques comme la respiration et la fréquence cardiaque et différents aspects de la maladie mentale», dit le professeur. Ainsi, la «thérapie d'autorégulation par les activités d'aventure» de l'Hôpital Rivièredes- Prairies, mise au point par ses collègues kinésiologues Michel Caouette et Tommy Chevrette, est une illustration de la relation étroite qui existe entre l'angoisse et certains signaux physiologiques.

«Le but du jeu, qui ressemble à une piste d'hébertisme, avec obstacles, espaliers, poutres en hauteur sur lesquelles il faut marcher sans tomber, est d'amener le jeune à prendre conscience des signaux physiologiques associés à un stress - la respiration qui s'accélère, le coeur qui débat - pour mieux les contrôler», explique Alain Steve Comtois. On travaille ensuite à faire le lien entre ce qui est vécu dans le gymnase et à l'extérieur. Ainsi, un enfant qui avait une peur maladive des chiens, au point de s'enfermer à la maison, en est arrivé à maîtriser sa phobie. «Quand une personne se met à paniquer, si elle se concentre sur ce qui se passe en elle au niveau physiologique et qu'elle arrive à reprendre le contrôle à ce niveau-là, elle va pouvoir en même reprendre le contrôle sur sa peur», précise le professeur.

D'autres chercheurs du domaine de la santé mentale qui recueillent des données physiologiques seront présents au colloque. Donald Venne, étudiant à la maîtrise en kinanthropologie, fera une présentation sur l'arythmie sinusale respiratoire. La professeure Kim Lavoie, du Département de psychologie, parlera de ses résultats de recherche sur l'impact des troubles psychiatriques sur la maladie pulmonaire obstructive chronique, ainsi que sur le lien entre les processus inflammatoires et les troubles de l'humeur chez les patients cardiaques. Parmi les autres présentations, les liens entre le sommeil et divers troubles mentaux seront discutés de même que les liens entre stress et réponse immunitaire.

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