Un chef d'orchestre à sa manière

28 Avril 2008 à 0H00

Jacques Marquis possède un cheminement atypique. Ses études collégiales combinaient les sciences pures et le piano. À l'université, il a d'abord opté pour un baccalauréat en musique, puis il en a complété un autre... en administration des affaires! «Je savais que je ne ferais pas carrière comme pianiste, confie-t-il. J'étais à l'aise avec les chiffres et la gestion dans le monde des arts m'attirait.» Cela lui a bien réussi, car il est aujourd'hui directeur général et artistique des Jeunesses Musicales du Canada, un organisme à but non lucratif présent dans sept provinces et qui se présente comme le plus grand diffuseur de musique classique au pays. L'École des sciences de la gestion lui décerne son Prix Reconnaissance UQAM 2008 pour ses grandes qualités de gestionnaire et d'organisateur.

L'Orchestre Métropolitain du Grand Montréal

Sa carrière d'administrateur dans le domaine musical a débuté à l'Orchestre Métropolitain du Grand Montréal (OMGM), en 1994, où il s'est d'abord occupé de la comptabilité, avant d'être promu directeur administratif. «La comptabilité est une bonne école, car quand tu connais les chiffres, tu connais l'entreprise», souligne-t-il.

M. Marquis a constaté très tôt que la plupart des entreprises culturelles ne sont pas gérées par des artistes, mais bien par des hommes d'affaires, amoureux de la culture, certes, mais aussi très exigeants. Le premier président du conseil d'administration de l'OMGM qu'il a côtoyé fut Pierre Péladeau. «J'avais intérêt à être préparé en réunion, dit-il en riant. C'était un homme très autoritaire, mais qui avait un engagement profond envers cette organisation.»

Les Jeunesses Musicales

En 2002, M. Marquis obtient le poste de directeur général et artistique des Jeunesses Musicales du Canada (JMC). Comme lui, la moitié de la vingtaine d'employés possède un baccalauréat en musique. «Nous sommes animés par la même passion, explique-t-il. Notre mandat est de faire la promotion de la musique classique auprès des jeunes et du grand public, et de soutenir la carrière de jeunes musiciens.» Chaque année, les JMC mettent sur pied quelque 700 concerts, dont plus de la moitié s'adresse aux enfants et aux familles. «Il y a un désengagement au niveau de l'éducation musicale dans les écoles, alors qu'il est primordial que les jeunes puissent assister à un concert au moins une fois par année, affirme M. Marquis. La musique, comme le sport, est une fenêtre sur la vie et peut aider certains jeunes à trouver leur voie.»

Les concerts organisés aux quatre coins du pays par JMC se donnent dans des salles de spectacle, dans les écoles ou même dans les centres de la petite enfance! Dans la salle de diffusion des JMC, sur le Plateau Mont-Royal, plus de 10 000 enfants par année assistent à des concerts donnés par des musiciens chevronnés, qui ont choisi ce créneau par amour de la musique.

Les JMC donnent également un coup de pouce aux jeunes musiciens âgés de 20 à 30 ans. Le Concours musical international de Montréal, dont Jacques Marquis est aussi directeur général et artistique, est souvent le point de départ de leur carrière. Ce concours s'adresse en alternance aux chanteurs, violonistes et pianistes. «Nous recevons habituellement près de 200 candidatures provenant de 140 pays», dit-il. Les lauréats participent ensuite à une tournée mise sur pied par les JMC.

Les 60 ans des JMC

Passionné par son travail, Jacques Marquis s'implique également comme entraîneur au hockey et au soccer. «Mon agenda est encore plus serré le week-end, dit-il en riant. J'adore m'investir de façon bénévole, ça me permet de passer du bon temps en famille.»

L'an prochain, il célèbrera les 60 ans des JMC, fondé en 1949 par Gilles Lefebvre. «Notre objectif est de rétablir les ponts d'un océan à l'autre et de pouvoir offrir des concerts dans les dix provinces», annonce-t-il.

Le lauréat du Prix Reconnaissance de l'ESG UQAM se dit très touché. «Je suis heureux de pouvoir représenter les gestionnaires du milieu culturel, qui sont un peu les parents pauvres de la gestion, mais qui accomplissent un boulot formidable», conclut-il.

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