De RBO au Quartier des spectacles

Jacques K. Primeau est lauréat du Prix Reconnaissance UQAM 2009 de la Faculté de communication.

23 Mars 2009 à 0H00

Jacques K. PrimeauPhoto: Nathalie St-Pierre

«J'ai pensé qu'on m'appelait pour remettre un prix à l'un des artistes que je représente», raconte en riant Jacques K. Primeau, lauréat du Prix Reconnaissance UQAM 2009 de la Faculté de communication. «Cet honneur me touche beaucoup et j'ai eu une pensée pour mes parents, qui ont fait des sacrifices pour me permettre d'aller à l'université», explique le «p'tit gars de Rosemont», aujourd'hui patron de la boîte de production qui porte son nom.

Jacques K. Primeau a étudié en journalisme à l'UQAM au milieu des années 1980, à la même époque que les futurs membres de Rock et Belles Oreilles (RBO), Richard Z. Sirois, André Ducharme, Guy A. Lepage, Bruno Landry et Yves Pelletier. «J'ai connu Richard à l'UQAM, mais les autres, je les ai davantage côtoyés à CIBL, où je travaillais comme morning man», se rappelle-t-il.

Intéressé à l'époque par la politique municipale, il n'aurait jamais pensé devenir gérant d'artiste. «J'ai participé à l'organisation des premières apparitions publiques de RBO et les gars m'ont rapidement demandé d'être leur gérant, raconte-t-il. Au début, c'était un emploi temporaire, mais à partir de 1985, et jusqu'à la dissolution du groupe, en 1995, ce fut mon travail à temps plein.»

Les dix années de RBO ont été fabuleuses, souligne-t-il, notamment à cause des tournées à travers le Québec. «Le groupe m'a permis de mieux cerner la réalité québécoise en forçant le Montréalais en moi à sortir de sa zone de confort et à aller à la découverte des régions.»

Il n'y a pas de recette magique pour devenir gérant, dit Jacques K. Primeau. C'est un métier qui nécessite d'être polyvalent et qui requiert des talents d'organisateur, de planificateur et de négociateur. «L'important est de prendre conscience que l'on ne peut pas tout faire et de s'entourer de spécialistes», explique-t-il.

L'entreprise qu'il gère aujourd'hui représente quelques artistes - Guy A. Lepage, André Ducharme, Yves Pelletier et Richard Z. Sirois, les Denis Drolet, Jean-Thomas Jobin, Bruno Marcil et Marie Plourde - mais développe surtout des projets et en assume la coproduction avec d'autres partenaires, comme ce fut le cas pour les Bye Bye 2006 et 2007 de RBO. «Nous avons eu beaucoup de plaisir à retravailler ensemble après plus de dix ans, se rappelle-t-il. La magie était intacte.» Il se rappelle avoir regardé l'édition de 2006 en compagnie d'une partie de l'équipe, le 31 décembre au soir. «Nous recevions les commentaires et les critiques de nos proches par téléphone ou par courriel durant les pauses, se rappelle-t-il. C'était comme une soirée électorale pour nous!»

Le Bye Bye, comme on a pu le constater à nouveau cette année, est une entreprise périlleuse qui essuie son lot de critiques. «Il faut avoir les nerfs solides pour se lancer dans une aventure comme celle-là, qui ne fera jamais l'unanimité, mais il s'agit d'une expérience télévisuelle unique», souligne le producteur.

Montréal, lieu de création

Jacques K. Primeau a été président de l'ADISQ de 2000 à 2003. «Mon implication s'y est faite graduellement à partir des années 1990, dit-il. Cela m'a permis de développer une vision d'ensemble du fonctionnement de l'industrie du disque et du spectacle.»

La réalisation dont il est le plus fier est l'idée du projet de Quartier des spectacles, qu'il a proposée en 2002 au Sommet de Montréal. «On a beaucoup parlé du volet lié à l'aménagement urbain, mais le projet est beaucoup plus ambitieux, précise-t-il. Il s'agit de faire de Montréal un lieu de création et pas seulement de diffusion, ce qui à mon avis entre en relation directe avec l'UQAM. Ce projet est emballant et il va continuer à évoluer en fonction de ce que les Montréalais vont en faire.»

Jacques K. Primeau ne cache pas son intérêt pour les questions sociales, d'où son implication dans la mise sur pied du spectacle bénéfice Charité bien ordonnée... commence par nous tous, qui a eu lieu pour la première fois en mai 2008 et qui était animé par Guy A. Lepage. «La répartition de la richesse était une question d'actualité quand j'étais étudiant et elle l'est tout autant, sinon plus, de nos jours, souligne-t-il. Est-ce que seules les interventions politiques peuvent solutionner ces problèmes ? Je ne crois pas. C'est pourquoi je considère important de faire ma part.»

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