Étudier à l'École du Louvre

6 Avril 2009 à 0H00

L'École du Louvre à Paris a sélectionné le doctorat en muséologie, médiation et patrimoine, offert conjointement par l'UQAM et l'Université d'Avignon. Réputée mondialement pour son enseignement de l'histoire de l'art, de la muséologie et de l'archéologie, elle a en effet signé un protocole de coopération avec l'UQAM qui formalise une collaboration déjà bien établie entre les deux institutions. Elle permettra notamment plus d'échanges d'étudiants et de professeurs.

Fondée en 1882, l'École du Louvre ne relève pas du ministère français de l'Éducation, mais de celui de la Culture. Les cours qui y sont offerts aux trois cycles d'enseignement sont donnés majoritairement par des conservateurs et des professionnels des musées et du patrimoine. L'École doit s'associer à des universités pour pouvoir offrir un diplôme de doctorat, souligne Yves Bergeron, directeur du programme de doctorat international en muséologie, médiation et patrimoine. Rappelons que le programme qu'il dirige a été créé en 2005 par Bernard Schiele et Jean Davallon. Il est unique dans toute la Francophonie, de là l'intérêt que lui porte l'École du Louvre.

Pour celle-ci, s'associer à l'UQAM, c'est aussi s'ouvrir à la muséologie québécoise et nord-américaine, centrée davantage sur l'interprétation et la communication avec les visiteurs que sur les collections, comme c'est le cas pour les musées classiques européens. Yves Bergeron a été directeur de la recherche du Musée de la civilisation à Québec, pendant de nombreuses années. Il raconte comment le Québec s'est distingué dans le domaine de la muséologie. «En 1992, l'année où le Congrès international des musées s'est tenu à Québec, des représentants de tous les grands musées du monde et des grandes associations muséales ont découvert la muséologie québécoise et particulièrement le Musée de la civilisation, qui a exercé une grande influence à travers le monde. Le concept de ce musée a été repris et est à l'origine de musées comme le Musée d'Orsay à Paris, le Musée de l'Europe à Bruxelles ou le Musée de la civilisation égyptienne au Caire, encore en chantier.»

Deux profils offerts

L'entente entre l'UQAM et l'École du Louvre permettra aux étudiants français de s'inscrire au doctorat en muséologie et de suivre une partie du programme à Montréal. Les étudiants de l'UQAM inscrits au profil international de ce doctorat pourront, pour leur part, opter pour l'École du Louvre ou l'Université d'Avignon pour la partie française de leurs études.

Un second profil de doctorat a été créé pour mieux répondre aux besoins de la clientèle. À compter de septembre 2009, les étudiants pourront faire toute leur scolarité à Montréal. Un plus grand nombre de séminaires seront offerts à l'UQAM par des collaborateurs de l'École du Louvre tels le directeur Philippe Durey, la directrice des relations internationales Claire Merleau-Ponty ou la chercheuse Jacqueline Eidelman. «Les étudiants inscrits au nouveau profil pourront ainsi bénéficier, eux aussi, de la dimension internationale de notre formation», affirme Yves Bergeron, responsable de l'application du protocole de coopération entre les deux institutions. De plus, des professeurs d'ici iront donner des séminaires là-bas.

Pour certains des étudiants inscrits au doctorat en muséologie à l'UQAM, l'entente pourrait se traduire par un séjour d'un an à l'École du Louvre. Une chance exceptionnelle, selon Yves Bergeron, car n'entre pas qui veut dans cette grande école installée au cœur du prestigieux musée du même nom. «Les étudiants ont la chance de suivre leurs cours dans un cadre merveilleux. Ils voient le public, fréquentent les salles d'expositions, les conservateurs. S‘il y a une nouvelle exposition, une partie de cours peut se tenir dans une des salles. Ils vivent en symbiose avec le musée.» Yves Bergeron compare cette école à un hôpital universitaire. «Quand on enseigne la muséologie, on forme les étudiants professionnellement à des connaissances, à des savoirs, à des savoir-faire. Il y a cependant une composante plus délicate qu'ils apprennent seulement quand ils sont en stage, c'est le savoir-être, la culture des musées. Et la proximité avec des musées permet de les initier à cela.»

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