La fabuleux destin d'Amélie Philippe

9 Mars 2009 à 0H00

Ce n'est pas d'hier que les jeunes éprouvent une certaine aversion pour les mathématiques. Il y a 15 ans, lorsqu'elle était adolescente, Amélie Philippe aimait bien l'école, mais les maths? «Je détestais pour mourir. C'était ma bête noire», avoue aujourd'hui l'énergique femme de 30 ans. Pourtant, c'est cette même Amélie qui vient de remporter le Grand prix à l'Épreuve d'analyse de cas décerné par l'Ordre des comptables en management accrédités du Québec. Pour s'être classée première au Québec lors de cette épreuve nationale, la jeune femme se verra remettre, le 21 mars prochain, un certificat honorifique ainsi qu'une bourse de 2 000 $. Voilà qui pourrait redonner espoir et courage à bien des profs de mathématiques du secondaire.

Qu'est ce qui a bien pu la pousser à se lancer, à l'UQAM, dans un baccalauréat en administration des affaires, concentration finance? Amélie Philippe ne sait trop expliquer son choix de l'époque. Mais après avoir occupé le poste de directrice de comptes commerciaux chez Desjardins pendant trois ans, l'Uqamienne de cœur sait très bien ce qui l'a décidée à attaquer un deuxième bac en sciences comptables. «J'ai envie d'une belle et grande carrière au sein de la haute direction d'une entreprise.»

De toute évidence, la carriériste a les moyens de ses ambitions. En comptabilité managériale, tout l'anime : le marketing, la gestion stratégique et financière, les plans d'action, les analyses d'écarts, les rapports de gestion, etc. Analyste financière depuis un an et demi à la Société Radio-Canada, Amélie se sent comme un poisson dans l'eau. Il faut dire que depuis les «millions de pétards à la farine» de la Bobinette de son enfance, elle avoue être restée entichée par l'entreprise d'État.

Ces temps-ci, quand elle ne jongle pas avec les stratégies financières de Radio-Canada, Amélie Philippe travaille fort pour décrocher, toujours à l'UQAM, son diplôme CMA. Pour les six prochains mois, à raison de quelques intenses soirées par semaine, elle doit plancher en équipe sur une étude de cas et remettre un rapport dans lequel devront être émis des objectifs de croissance et des recommandations à la fois stratégiques et opérationnelles. «Pour défendre notre rapport, explique-t-elle, il nous faudra tout connaître!»

Lorsqu'on lui demande si, plus jeune, elle avait été du genre «bolée», de ceux que les écoliers se font un malin plaisir à prendre en grippe et harceler, les pommettes rougeaudes d'Amélie s'illuminent et elle pouffe de rire. «Pas du tout. J'étais inscrite dans un programme Sport-études et j'étais très forte en tennis.» Aujourd'hui encore, l'athlète s'entraîne six jours sur sept. Badminton, natation, workout. Elle défie n'importe quel gars de la suivre dans ses escapades de 150 kilomètres à vélo. La peau lisse, le visage bien découpé et le mollet d'acier, la «Comète blonde» fait preuve d'une volonté et d'une détermination inhabituelle. «Je travaille beaucoup, c'est sûr, mais ce n'est pas par obligation. Ça tient plutôt d'un grand appétit de vivre et de découvrir.»

Amélie Philippe ne vise pas que les sommets professionnels. Elle attaque régulièrement les cimes des Adirondacks, des Green et des White Mountains. Parlant couramment trois langues et en maniant trois autres, elle est une globe-trotter conquise. Fille unique - au propre comme au figuré -, elle a foulé les cinq continents, arpenté 30 pays et se meurt aujourd'hui d'attaquer la Chine. «J'adore ce qui touche l'anthropologie, l'ethnologie et tout ce qui est vecteur d'apprentissage», raconte celle qui s'être franchement bidonnée en lisant A Year in the Merde, un bouquin de Stephen Clarke racontant les mésaventures d'un jeune Anglais en France.

Riche de son parcours presque initiatique, Amélie Philippe n'a qu'un conseil à donner aux étudiants d'aujourd'hui. «Foncez et changez de domaine si vous n'êtes pas satisfaits de ce que vous faites. Rien n'est impossible. Vous vous pèterez peut-être la gueule à l'occasion, mais vous n'aurez jamais de regrets.» Voici donc le leitmotiv d'une fille qui, dans la vie, se dépense sans compter, mais qui, professionnellement, n'oserait jamais dépenser sans compter!

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