La vie après l'or olympique...

6 Avril 2009 à 0H00

Chaque été, Sylvie Bernier est la première à plonger dans la piscine familiale. Ni son mari ni ses trois filles âgées de 13, 16 et 17 ans n'oseraient mettre un pied à l'eau avant qu'elle n'ait exécuté son traditionnel saut périlleux, un clin d'œil sympathique au passé. «Il arrive encore que des gens me félicitent pour ma performance à Los Angeles», confie Sylvie Bernier, qui fut en 1984 la première plongeuse canadienne (toujours la seule à ce jour) et la première Québécoise à remporter une médaille d'or aux Jeux olympiques. Chef de mission de l'équipe olympique canadienne lors des Jeux de Beijing, à l'été 2008, l'ancienne plongeuse, devenue communicatrice, est la lauréate du Prix Reconnaissance UQAM 2009 décerné par la TÉLUQ.

«Cette femme-là devrait donner des conférences aux athlètes en fin de carrière sur comment décrocher quand c'est fini. Elle éviterait bien des drames», écrivait en 2006 le chroniqueur Pierre Foglia, de La Presse, en parlant de Sylvie Bernier, qui a annoncé sa retraite sportive une semaine après son éclatante victoire à Los Angeles. «J'avais participé à toutes les compétitions internationales, je ne pouvais faire mieux qu'une médaille d'or olympique, explique-t-elle. La décision n'a pas été facile, cela supposait de grands bouleversements, mais j'avais 20 ans et toute la vie devant moi.» L'idée de devenir entraîneuse ne lui a même pas traversé l'esprit. «J'avais trop de projets à entreprendre, je ne voulais surtout pas demeurer sur le bord de la piscine!» dit-elle en riant.

Son objectif principal était de retourner aux études et de décrocher un diplôme. «Je viens d'une famille où les études sont valorisées», note-t-elle - son père, Raymond Bernier, est docteur en médecine nucléaire. Elle a donc plongé à l'UQAM, au certificat en marketing, à l'automne 1985, puis au certificat en administration. Elle a complété son bac en administration des affaires à la TÉLUQ. «Les deux institutions m'ont permis d'étudier pendant que je travaillais et que j'élevais mes enfants», souligne-t-elle.

Une communicatrice aguerrie

Après sa carrière d'athlète, Sylvie Bernier est devenue commentatrice et analyste pour divers médias, participant entre autres à la couverture des Jeux de Calgary et de Séoul (1988), de Barcelone (1992), Lillehammer (1994), Sydney (2000), Athènes (2004) et Turin (2006). «À Séoul, j'avais encore un pied sur le tremplin et un autre dans les estrades, dit-elle, car j'avais côtoyé la plupart des athlètes qui participaient aux Jeux. C'était une étape transitoire, mais je n'avais et je n'ai jamais eu par la suite des relents de nostalgie, de regrets ou d'amertume.»

Devenir une communicatrice aguerrie lui a demandé beaucoup d'efforts, se rappelle-t-elle. «Surtout lorsqu'on est par définition une solitaire qui s'entraînait 35 heures par semaine! J'ai suivi des cours privés et j'ai appris le métier étape par étape.» Elle salue au passage ses mentors, Serge Arsenault, Richard Garneau et Guy Mongrain. Ce dernier lui a donné un bon coup de pouce tandis qu'elle débutait l'aventure à l'émission Salut Bonjour!, à laquelle elle a collaboré à titre de chroniqueuse de 1989 à 2004. «Ce fut mon école de la télévision, se souvient-elle. J'y avais une chronique qui portait sur la famille et la santé, où j'abordais différents thèmes, comme l'activité physique, la nutrition, les activités familiales, etc.»

Depuis près de 20 ans, Sylvie Bernier gère sa propre entreprise de communications. Elle est associée au Groupe Investors, pour lequel elle anime divers événements corporatifs. Elle donne également des conférences et participe à des rencontres parents/enfants pour le compte de la compagnie pharmaceutique GlaxoSmithKline. «Il s'agit de parler de la prévention et des saines habitudes de vie, notamment en regard de l'asthme et du diabète de type 2, précise-t-elle. J'aime bien rappeler aux gens que ma carrière de plongeuse a débuté à cause de mes problèmes d'asthme, car le médecin avait conseillé à mes parents de me faire pratiquer une activité physique. J'ai raconté cette histoire après les Jeux de Los Angeles et GlaxoSmithKline m'a approché. Je suis devenue leur porte-parole.»

Après le dernier examen de son baccalauréat - obtenu en 2003 - Sylvie Bernier a appelé ses parents à Sainte-Foy, puis a célébré en famille. «L'obtention de mon diplôme, après 15 années d'études à temps partiel, m'a rendue plus fière que ma médaille d'or», dit-elle en précisant qu'elle ne compte pas s'arrêter en si bon chemin. Des projets de maîtrise sont dans l'air. «L'important est de continuer à évoluer et à apprendre», conclut-elle.

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