L'envers du décor

26 Janvier 2009 à 0H00

Guy Rouillard et Lucie Matte travaillent à l'École supérieure de théâtre de l'UQAM depuis le début des années 1980, à titre de techniciens de travaux pratiques. Lui à l'atelier de décor, elle à l'atelier de costumes. La réutilisation, la récupération et le recyclage, ils en font depuis longtemps!

«Notre spécialité est de faire beaucoup avec peu de moyens», explique Guy Rouillard. Derrière lui, un tas de planches de contreplaqué de 3/4 de pouces, le matériau le plus utilisé pour les décors. «Il s'agit de deux décors déconstruits de la session précédente», précise-t-il.

L'an dernier, il a acheté une cloueuse pneumatique afin d'utiliser des clous de plus grande taille que les clous de finition. «Ces clous ne se récupèrent pas, mais ils s'arrachent plus facilement, explique-t-il. Ainsi, j'abime moins les matériaux.» Dans son atelier, la colle n'est utilisée qu'en cas d'absolue nécessité. On préfère les clous et les vis, ces dernières étant récupérées d'une année à l'autre. Les restants de peinture (sans solvant, bien entendu) sont aussi conservés.

Chaque trimestre, les étudiants chargés des décors des productions théâtrales élaborent leurs concepts, puis viennent faire un tour à l'atelier de M. Rouillard. «Je leur fais des propositions en fonction de leurs maquettes. Au début, ils rigolent de voir tous les matériaux que je récupère, mais ils sont ensuite bien heureux de sauver des sous», dit-il en riant. Selon les productions des étudiants, les décors sont parfois fabriqués à 80 % de matériel récupéré dans l'atelier.

Le revers du costume

Le discours est sensiblement le même du côté de l'atelier de costumes. Le costumier dont Lucie Matte a la charge regorge de vêtements et d'accessoires vestimentaires de toutes les couleurs : vestons, robes, pantalons, souliers, bottes, cravates, gants, sacs à main, bonnets de nuit, chapeaux, etc. On y trouve même une boîte de masques à gaz! «Ils sont souvent utilisés, car plusieurs pièces de théâtre portent sur la guerre», explique-t-elle.

Lucie Matte accueille elle aussi les étudiants chargés des costumes des productions théâtrales. Elle voit avec eux les possibilités de réutiliser un costume, de le travailler afin d'obtenir la pièce voulue ou de le confectionner intégralement, souvent à partir des draps, couvertures et grandes pièces de tissus qui font également partie de ses trésors. Son local compte une salle d'essayage, avec miroirs, draps blancs et deux projecteurs.

Au fil des ans, le costumier a pris de l'ampleur. «Nous manquons de place, alors nous ne voulons surtout pas que les gens nous apportent leurs vêtements usagés», conclut-elle en riant.

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