Miser sur l'expertise du Service aux collectivités

9 Février 2009 à 0H00

«Il est souhaitable que la mission de services aux collectivités de l'UQAM et sa politique afférente s'inscrivent désormais dans une perspective de mobilisation des connaissances.» Cette recommandation est au centre du rapport du Groupe de travail sur la mobilisation des connaissances, mis sur pied récemment par le vice-recteur à la Recherche et à la création, Guy Berthiaume. Présidé par Monique Brodeur, vice-doyenne à la recherche de la Faculté des sciences de l'éducation, le groupe avait pour mandat d'examiner les meilleures pratiques des universités canadiennes dans le domaine des partenariats et de proposer des mécanismes de soutien à la mission de services aux collectivités.

«L'UQAM a toujours été un leader en matière de services aux collectivités, lance Jean-Marc Fontan, professeur au Département de sociologie et membre du groupe de travail. Grâce à la création d'un service voué à cette fonction, en 1981, l'Université a permis aux syndicats, aux organismes communautaires et aux groupes de femmes d'avoir enfin accès au savoir universitaire. Au fil des ans, toutefois, plusieurs chercheurs ont développé des partenariats dans d'autres secteurs, lesquels méritent d'être reconnus et mieux soutenus.»

Au Canada, de nouvelles initiatives ont aussi vu le jour ces dernières années, comme le programme Impact sur le savoir du Conseil de recherches en sciences humaines du Canada (CRSH) et les Alliances de recherche universités-communautés (ARUC). Plusieurs universités ont entrepris par ailleurs une réflexion sur leur rôle en matière de transfert des connaissances, laquelle a conduit au concept de mobilisation des connaissances.

Implication en amont

«La mobilisation des connaissances suppose que les universités n'ont pas le monopole du savoir et que les chercheurs doivent partager leur expertise avec celle d'autres acteurs sociaux», souligne Jean-Marc Fontan. Citant l'Association des universités et collèges du Canada, le Groupe de travail rappelle que les universités créent et mobilisent le savoir en collaboration avec les gouvernements, les collectivités, les organismes sans but lucratif, les entreprises publiques et privées, et des partenaires étrangers. Le savoir ainsi généré peut être diffusé auprès de la population de multiples façons - publications, consultations d'experts, activités communautaires et de développement socioéconomique, contribution à l'élaboration de politiques publiques - les services aux collectivités étant un moyen parmi d'autres, explique Monique Brodeur.

Contrairement au transfert des connaissances qui intervient généralement à la fin du processus de recherche, la mobilisation, elle, se situe en amont, poursuit Jean-Marc Fontan. «Elle fait appel à l'implication des partenaires dès le moment où se définissent les enjeux et problématiques de recherche.»

Une mission particulière

Le Groupe de travail propose que l'UQAM se dote d'une mission particulière de mobilisation des connaissances, en fasse la promotion à l'interne et entreprenne des démarches pour qu'elle soit reconnue explicitement par le ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport (MELS) et par les organismes subventionnaires. «L'UQAM pourrait ainsi bénéficier de l'enveloppe budgétaire du MELS - cinq à dix millions $ - dédiée au financement annuel de missions particulières dans chacune des universités, souligne Monique Brodeur. Elle pourrait également soumettre au CRSH un projet institutionnel en matière de mobilisation des connaissances, à l'image du programme Research Impact des universités York et Victoria, qui leur a permis de mettre sur pied des structures et des projets de partenariat avec différentes collectivités.»

Le Groupe de travail recommande également que la mission de mobilisation des connaissances soit rattachée au Bureau du vice-recteur à la Recherche et à la création, que l'UQAM «recadre sa politique de services aux collectivités en fonction de cette mission et élargisse son champ d'application».

Il prône enfin un meilleur arrimage entre les divers services concernés - Service aux collectivités, Service de la recherche et de la création, Service des partenariats en recherche-innovation, Service des relations internationales - et avec les facultés et les départements.

«Nous souhaitons que notre rapport alimentera la réflexion sur la nécessité d'instaurer à l'UQAM une culture renouvelée de mobilisation des connaissances, en s'appuyant sur l'expertise que le Service aux collectivités a développée depuis près de 30 ans», concluent les deux professeurs.

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On peut consulter le rapport à l'adresse suivante : www.uqam.ca/vrrc/rapports/mobilisation.pdf

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