Un lieu de formation pour les doctorants en psycho

9 Février 2009 à 0H00

Il y a douze ans, le Département de psychologie a mis sur pied le Centre de services psychologiques (CSP) pour permettre aux étudiants inscrits au doctorat en psychologie, dans un profil clinique, de faire leur premier stage. Au cours de leur formation, ils devront aussi faire deux internats, précise Marc-Simon Drouin, directeur du Centre et professeur au Département de psychologie.

Le CSP offre des services d'évaluation psychologique et de consultation de courte durée à prix modique - de 15 $ à 30 $ de l'heure selon le revenu - à la population montréalaise. Bien encadrés par des superviseurs qualifiés, les étudiants pourront faire leurs premières armes avec une clientèle très diversifiée semblable à celle qu'ils rencontreront après leur formation universitaire.

Ayant été lui-même superviseur de stage pendant cinq ans, Marc-Simon Drouin est bien placé pour coordonner la vingtaine de professeurs et de chargés de cours qui encadrent les quelque 60 stagiaires. Ces derniers reçoivent une heure et demie de supervision individuelle par semaine. Un stage se poursuit sur deux sessions, soit de septembre à avril.

Marc-Simon Drouin a plusieurs intérêts de recherche en lien avec son travail au CPS. Il s'est, entre autres, penché sur la question de l'efficacité des thérapeutes. «Nous avons constaté que certains thérapeutes (30%) ont des résultats nettement au-dessus de ceux de leurs collègues, peu importe l'approche ou les techniques qu'ils utilisent.» Que font-ils de différent des autres? «Ils ont probablement la capacité de bien gérer des émotions intenses. Nous tentons d'enseigner cette aptitude-là à nos stagiaires du CPS ainsi que d'autres que nous avons pu identifier au cours de cette recherche.»

Sous l'œil de la caméra

Les clients qui consultent au CSP doivent signer un formulaire de consentement car les entrevues avec les thérapeutes sont filmées, explique M. Drouin. Les enregistrements permettent aux superviseurs de voir l'évolution du travail du stagiaire. «Un des objectifs académiques de cette approche est de développer l'autonomie de l'étudiant et sa capacité à évaluer avec justesse et pertinence les bons et les moins bons moments de l'entrevue et être à même d'en faire le compte rendu au superviseur», poursuit-il. L'enregistrement peut être particulièrement précieux lorsqu'un client est en situation de crise (tendance suicidaire, par exemple) et que le superviseur doit comprendre rapidement la situation pour aider le stagiaire à intervenir adéquatement.

La clientèle externe du CSP est constituée principalement d'adultes (60 %) qui consultent généralement pour des problèmes d'anxiété, de dépression ou de problèmes relationnels. «Nous retrouvons aussi des demandes d'évaluation des fonctions neuropsychologiques (déficit d'attention, problèmes liés aux difficultés d'apprentissage, etc.)», selon Marc-Simon Drouin. Peu d'enfants et d'adolescents fréquentent le Centre probablement parce qu'ils sont vus en milieu scolaire par les professionnels des institutions, croit M. Drouin. «Il serait pourtant important d'avoir davantage accès à cette clientèle pour la formation des étudiants qui sont inscrits notamment en psychologie scolaire. Mais le recrutement est difficile».

Une large part de la clientèle uqamienne est constituée par les étudiants, affirme le directeur du CSP. Pour eux, la consultation sur leur lieu de formation a un côté pratique et son prix de 15 $ est probablement un incitatif.

Soulignons que les étudiants peuvent aussi avoir recours aux consultations gratuites des psychologues du Service d'aide psychologique de l'Université. Le Programme d'aide au personnel est également une ressource sans frais pour tous les employés.

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Renseignements :

(514) 987-0253

Sur rendez-vous seulement

Pavillon J.-A.-DeSève, salle DS-4202

320, rue Sainte-Catherine Est

www.psycho.uqam.ca/D_CSP/CSP.html

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Le Programme d'aide au personnel (PAP), créé en 1991, s'adresse à tous les membres du personnel de l'Université y compris les membres du Syndicat des étudiants-es employé-es de l'UQAM (SÉTUE) et aux personnes retraitées dans les deux années qui suivent leur départ de l'Université. «Le PAP est un service confidentiel de consultation et de référence pour aider à faire face aux difficultés personnelles ou professionnelles. Il est important de souligner que les employés consultent ce service sur une base volontaire», note Huguette Bonneville, travailleuse sociale et conseillère au PAP.

«Les personnes qui consultent nos services ont droit à six rencontres par période de douze mois. La première rencontre sert à évaluer la problématique. Il y a une décision qui est prise avec la personne en terme d'orientation : elle reste avec nous pour un suivi qui peut aller jusqu'à cinq autres rencontres ou elle est référée à l'extérieur », explique Huguette Bonneville.

En 2007-2008, 3,98 % des employés ont fait appel au service de consultation du PAP. La majorité d'entre eux (64,8 %) étaient des employés de soutien. Viennent ensuite les professeurs (17,5 %), puis les chargés de cours (11,7 %). Les motifs de consultation varient d'une année à l'autre selon Huguette Bonneville. Elle en distingue cependant trois principaux : les problèmes professionnels, les problèmes personnels (dépression, deuil, relations amoureuses, solitude, anxiété, angoisse) et les problèmes conjugaux et familiaux.

Renseignements : Huguette Bonneville

Sur rendez-vous seulement

(514) 987-4400 • www.rhu.uqam.ca/

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Le Service d'aide et d'information psychologique offre un service de soutien psychologique gratuit de courte durée (trois ou quatre séances) à tous les étudiants de l'UQAM. «Nous ne sommes pas en mesure de les accompagner pour des problématiques plus lourdes. Nous les référons à l'extérieur. Nous arrivons à en remettre sur pied au moins un sur deux», explique la directrice de la division des services-conseil à la vie étudiante des Services à la vie étudiante, Nicole Bonenfant.

L'anxiété, la dépression et la recherche de la performance seraient parmi les principaux motifs de consultation au Service d'aide et d'information psychologique. Davantage d'étudiants du 1er cycle (80 %) fréquentent le service. Madame Bonenfant note cependant depuis deux ou trois ans, une hausse significative des demandes de consultation par les étudiants des 2e et 3e cycles et des étudiants internationaux. Finalement, 70 % d'entre eux sont des filles. Cette donnée s'observe dans tous les services mentionnés dans cet article.

Renseignements :

Pavillon J.-A.-DeSève, salle DS-2110 • (514) 987-3185

http://www.vie-etudiante.uqam.ca/soutienpsychologique/Pages/accueil.aspx

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