Une vision intégrée de la vie académique

2 Novembre 2009 à 0H00

Le vice-recteur à la Vie académique, Robert Proulx, a un énorme boulot sur la planche d'ici la fin de l'été 2010 : il doit, en effet, parachever la facultarisation - dont on parle depuis dix ans - et, pour ce faire, restructurer de fond en comble son vice-rectorat, qui regroupe dix grands services et les unités qui en dépendent. Il doit en outre, profitant de l'engagement de 145 nouveaux professeurs, «faire le plein aux cycles supérieurs», en commençant par les programmes où on a dû refuser des centaines d'étudiants par les années passées, faute de pouvoir les encadrer adéquatement. L'UQAM, fait-il valoir, n'occupe pas la place qu'une université de sa taille devrait avoir en termes de pourcentage d'étudiants aux cycles supérieurs, pour différentes raisons liées principalement à son manque de ressources.

«Les objectifs de croissance que nous nous sommes donnés aux cycles supérieurs nous permettront de parvenir à l'équilibre budgétaire. Nous sommes en mode de développement plutôt que de restrictions.»

Restructuration à l'horizon

Quelque 700 nouveaux étudiants aux cycles supérieurs d'ici 2013, de nouveaux programmes à ouvrir et de nouveaux secteurs de connaissance à investir, tel est le développement académique que le vice-recteur Proulx envisage d'ici la fin de son mandat. En poste depuis 18 mois, il travaille déjà avec un nouveau vice-recteur à la Recherche et à la création, Yves Mauffette, qui l'épaulera dans ses nombreuses tâches.

«Dès mon entrée en poste, il était clair que nous devions travailler, non pas en silos, mais avec une vision intégrée de la vie académique, en regroupant tous les secteurs qui la composent - enseignement, recherche, vie étudiante, international, dossier étudiant, etc. - sous un même vice-rectorat. L'Université ne fonctionne pas à la manière d'une grande entreprise ou d'un ministère. On ne planifie pas du haut vers le bas (top-down), car l'expertise réelle en termes de contenu se trouve à la base. Le rôle de l'institution est de bien connaître cette expertise et de la faire rayonner. Il faut que cette expertise soit ancrée dans son milieu et, qu'en retour, celui-ci puisse en profiter.»

De là la nécessité de dresser la cartographie des activités académiques - un autre de ses objectifs de développement - qui consiste à amorcer une réflexion pour mieux connaître les forces de l'UQAM, à arrimer aux besoins de la société. «Pour la mise en place du plan stratégique 2009-2014, nous avons fait une première ébauche de cette cartographie. Il reste à raffiner nos outils pour tirer un meilleur parti de cette connaissance de nous-mêmes et de notre environnement, pour aller plus loin.»

Place aux facultés

«Les savoirs, méthodologies, modèles d'encadrement et les modes d'évaluation et de gestion de la programmation ne se développent pas de la même façon selon les secteurs de connaissance. Il n'est pas possible d'imposer une structure unique. La décentralisation des ressources vers les facultés - dernière phase de la facultarisation qui reste à compléter - leur donnera les moyens pour atteindre leurs objectifs. Toutes les facultés concourent à la mission universitaire, mais par des moyens différents. Par exemple, en sciences naturelles et en sciences sociales, un laboratoire regroupe plusieurs professeurs et leurs étudiants; en lettres, les relations sont de un à un; en gestion, on travaille davantage en synergie avec le milieu; en création, les choses sont également fort différentes. Il faut reconnaître ces différences et le contexte de liberté académique qui les définit. On ne forme pas un artiste de la même façon que l'on forme un ingénieur.»

Pour expliquer la stratégie qu'il met de l'avant, le vice-recteur donne l'exemple du recrutement prochain de 145 professeurs par rapport au plancher d'emploi antérieur de 1 010 postes. Le processus actuel de l'embauche de nouveaux professeurs débute, comme il se doit, dans les assemblées départementales, qui définissent leurs besoins et priorités.

Les demandes de postes sont ensuite acheminées à la Sous-commission des ressources par le vice-recteur à la Vie académique, laquelle fait une recommandation à la Commission des études, puis le dossier chemine au Conseil d'administration. «Il faut que s'établisse une concertation réelle entre les départements au niveau des facultés pour tenir compte à la fois des expertises disciplinaires, des axes de développement des facultés et des priorités institutionnelles, de façon à faire converger l'allocation des ressources avec les objectifs de la programmation.»

Pour permettre à la facultarisation de se matérialiser sur le plan administratif, les services du vice-rectorat sont voués à devenir des services conseils, précise Robert Proulx. «Mon but est d'offrir des services conseils de qualité aux facultés. D'ici la fin de l'automne, les modalités du nouveau statut des doyens devraient être définies avec le SPUQ et, à l'été 2010, le reste des transferts administratifs devrait être complété, selon un échéancier précis.»

Renouveler la pédagogie

Annoncée par le recteur, en septembre, dans son discours de la rentrée, la modernisation des pratiques pédagogiques est sans doute le défi le plus stimulant que le vice-recteur à la Vie académique aura à relever. Et nul n'est mieux préparé que lui pour piloter cette réforme.

La plateforme Moodle, dont il a favorisé l'implantation, n'était qu'un début. Il est convaincu qu'il faut diversifier les modes d'apprentissage en intégrant la formation à distance et pousser plus à fond la médiatisation dans les pratiques pédagogiques, bien que celle-ci ne s'applique pas uniformément d'une faculté à l'autre. Les étudiants sont friands des technologies de l'information et l'Université n'a pas d'autre choix que de s'adapter.

En conclusion, le vice-recteur réitère sa vision intégrée de l'Université, qui repose sur l'expertise que l'on retrouve à la base. «Je souhaite que chaque Uqamien puisse œuvrer à la réalisation de la mission de l'Université dans des structures cohérentes qui lui permettront de libérer son imagination pour mieux servir la communauté et son institution.»

PARTAGER