Cultiver son jardin intérieur

15 Novembre 2010 à 0H00

Vous voulez fuir la grisaille de l'automne? Vous appréhendez l'arrivée de l'hiver? Alors, rendez-vous au Centre de design. Jusqu'au 16 janvier 2011, on y présente l'exposition Cultiver son jardin/ Minding the Garden (Phase 2). Portant sur le Festival international de jardins de Métis, cette exposition vise à souligner l'omniprésence de la nature dans notre quotidien et à faire découvrir l'approche expérimentale des concepteurs de jardins et architectes de paysages.

L'exposition repose principalement sur une installation paysagère créée par le collectif BGL de Québec, qui réunit les artistes Jasmin Bilodeau, Sébastien Giguère et Nicolas Laverdière. Leur œuvre, vivante et immersive, met en scène les thèmes abordés lors du festival et permet à un large public, qui n'a jamais visité les jardins de Métis, d'apprécier les textures et les couleurs liées à l'univers du jardin dans le cadre insolite d'une salle d'exposition. «Nous nous sommes promenés dans les rues de Montréal, notamment celles du Plateau Mont-Royal, et nous avons récupéré des plantes et de petits arbres qui se trouvaient dans des jardinières et des pots, raconte Nicolas Laverdière. Nous les avons ensuite transportés dans la salle d'expo du Centre de design, devenue pour l'occasion notre laboratoire de création.»

Lancé en juin 2000 et se déroulant dans la région du Bas Saint-Laurent, le Festival de Métis compte parmi les festivals de jardins les plus importants à l'échelle internationale. Plus de 800 000 personnes l'ont fréquenté jusqu'à maintenant et ont pu visiter ses jardins conçus par près de 200 designers en provenance d'une quinzaine de pays. Ces jardins, dits éphémères, se situent à la croisée du design de paysage, du design de jardin, de l'architecture et de l'art environnemental.

Des sculptures romantiques

Les membres de BGL avaient plusieurs défis à relever. D'abord, transposer l'univers du jardin et du paysage dans un décor intérieur, puis éveiller les sens des visiteurs en évoquant la magie des installations conçues pour le Festival et, enfin, amener le public à réfléchir sur la nature de ses liens avec l'environnement. «Au début, nous ne savions pas vraiment ce que nous ferions, dit Nicolas Laverdière. Alors, nous avons improvisé. On a peint des arbres, fait pousser de l'herbe au pied de certains autres et utilisé des tubes fluorescents pour les éclairer. Notre approche est très tactile. Nous aimons le contact avec les végétaux et les minéraux. Au fond, nous sommes des sculpteurs profondément romantiques.»

Le Centre de design a choisi le collectif BGL pour sa pratique expérimentale. En amenant les spectateurs à vivre une expérience physique, les membres du collectif cherchent à abattre les distances conventionnelles qui séparent le public de l'art. Leurs travaux, qu'on dit «insolents, critiques et explosifs», ont recours à l'humour et à l'extravagance pour attirer l'attention du public sur des enjeux sociaux et politiques.

Un colloque international, portant sur le même thème que l'exposition, se tiendra les 13, 14 et 15 janvier prochains. Organisé par le professeur Roberto Zancan, de l'École de design, en collaboration avec Emmanuelle Vieira, commissaire de l'exposition et du Festival international de jardins de Métis, le colloque réunira des experts locaux et de l'étranger.

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