iCodecivil

6 Avril 2010 à 0H00

Ranger une version du Code civil du Québec dans la poche arrière d'un jean est aussi irréaliste que d'y glisser une bible. Étudiant en droit, Mike Ahmarani accomplit pourtant cet exploit sans rien déchirer. Son truc n'est pas une paire de pantalons XXL, mais l'application pour iPhone qu'il a développée en marge de ses études en droit à l'UQAM.

Le programme créé par cet étudiant en deuxième année est très convivial. Du bout des doigts, l'utilisateur d'un iPhone ou d'un iPod touch peut naviguer dans l'index du texte de loi et effectuer une recherche à l'aide d'un mot-clé ou d'un numéro d'article. Et lorsque le gouvernement modifie le Code civil du Québec, le logiciel se met à jour automatiquement.

L'information fournie par l'application de Mike Ahmarani est déjà accessible gratuitement sur le Web à l'aide d'un téléphone intelligent. Cependant, les pages du gouvernement ne sont pas conçues pour être affichées sur l'écran d'un cellulaire, ce qui rend pénible la navigation au travers des 3 168 articles que compte le Code civil. «Il faut aussi que le téléphone soit connecté au réseau, ce qui n'est pas toujours le cas, souligne l'étudiant. Avec mon application, Internet est nécessaire uniquement pour le téléchargement. Ensuite, on peut consulter la loi n'importe où et n'importe quand.»

C'est un jour qu'il avait oublié de prendre son Code civil avec lui que Mike Ahmarani a eu l'idée de développer son programme. «J'ai cherché une application dans l'App Store, mais j'en ai seulement trouvé pour la France et pour la Louisiane. Je me suis dit qu'il en fallait une pour le Québec.»

Créer le logiciel a requis près de deux mois de travail à l'étudiant, qui fait de la programmation et conçoit des sites Web en amateur depuis l'âge de 12 ans. «Comme c'était la première application pour iPhone que je développais, j'ai dû recommencer à zéro à quelques reprises», raconte-t-il. L'effort en a valu la chandelle. Son application, vendue au prix de 15 $ via l'App Store, a déjà trouvé plusieurs acquéreurs depuis son lancement à la fin du mois de janvier. Une belle surprise pour cet étudiant qui voulait «simplement faire une application pour lui-même».

Avec la popularité croissante du iPhone et les quelque 23 000 avocats que compte la province, sans oublier les étudiants en droit, le marché potentiel du produit de Mike Ahmarani est considérable. Les nombreuses suggestions d'améliorations qu'il a reçues des utilisateurs l'ont d'ailleurs convaincu de poursuivre le développement de son application. «Je compte utiliser l'été pour ajouter d'autres textes de loi, comme le Code de procédure civile, le Code criminel et la Constitution du Canada. Comme j'ai plus d'expérience, ce sera plus rapide que la première fois!»

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