Installation éphémère: place à la libre expression

20 Septembre 2010 à 0H00

Une installation éphémère qui a pour titre Lieu-dit occupera la Place Pasteur de septembre 2010 à avril 2011. Son objectif? Renforcer la vocation culturelle du quartier et offrir un espace de libre expression, où les gens peuvent circuler, s'asseoir, discuter, lire, écrire, et laisser une trace de leur passage.

Pour une deuxième année consécutive, des finissantes du DESS en design d'événements ont reçu le mandat de créer une installation pour la Place Pasteur. Le concept de l'installation a été développé et réalisé par Jessica Christine Charbonneau, Amandine Guillard, Albane Guy et Anik Poirier. «La Place Pasteur est un espace public intéressant, observe Amandine Guillard. Elle fait partie intégrante du campus de l'UQAM et est située sur une artère achalandée, la rue Saint-Denis. Ses usagers sont autant les étudiants que les résidants du quartier et les nombreux passants. Notre but était que les gens se l'approprient.»

Le projet a bénéficié de la collaboration des architectes Eduardo Aquino et Karen Shanski de la firme SPMB, de la professeure Céline Poisson, directrice du DESS en design d'événements, ainsi que du Service des communications.

Une installation en évolution

L'installation se compose de cinq plateformes, intégrées à l'architecture de la place. Les structures sont en bois naturel, traité de façon à pouvoir résister aux intempéries, et comportent des zones colorées. D'une hauteur de 45 cm, elles s'apparentent à des quais où les gens peuvent s'asseoir.

Sur chaque plateforme est inscrite une amorce de phrase - Je suis... Je vais... Je me demande pourquoi... Je me souviens de... Je n'ai jamais... - que les gens sont invités à compléter. «Les plateformes servent de tremplin à une prise de parole. Les participants peuvent les recouvrir d'autres écrits ou de dessins, s'ils le désirent», précise Albane Guy. L'installation évoluera au fil des mois grâce aux interventions successives des usagers de la place. «Nous n'avons aucune idée de la façon dont les gens vont réagir, poursuit l'étudiante. Les traces des interventions seront archivées au moyen de photos qui rendront compte de la transformation du lieu et des messages échangés.»

Le soir, pour permettre aux gens de continuer d'occuper l'espace dans une ambiance agréable, la place sera illuminée au moyen d'un système de guirlandes lumineuses accrochées aux arbres.

Un lieu de diffusion

Les plateformes pourront se transformer en petites scènes et accueillir différentes manifestations culturelles au cours des prochains mois. Après le Festival de danse Transatlantique, qui se déroule jusqu'au 25 septembre, l'événement de lectures publiques Flot littéraire sur la Place Pasteur s'y tiendra du 20 au 24 septembre, dans le cadre du Festival international de littérature (FIL), en collaboration avec des étudiants en théâtre et en études littéraires. Des concerts-surprises se dérouleront également du 29 septembre au 3 octobre, en lien avec l'événement Pop Montréal, et le Festival OFF/Jazz présentera deux spectacles, les 15 et 16 octobre, en collaboration avec des étudiants du Département de musique. Suivront, en février 2011, de l'animation et des performances artistiques dans le cadre de l'événement Nuit blanche à l'UQAM.

C'est l'installation 40 ans, 40 chaises, présentée l'an dernier pour souligner le 40e anniversaire de l'UQAM, qui a permis de transformer la Place Pasteur en un lieu de diffusion et de promotion d'activités culturelles, rappelle Nathalie Benoît, directrice de la Division de la promotion institutionnelle du Service des communications. «Depuis, dit-elle, divers spectacles y ont été présentés et des organismes culturels ont manifesté un intérêt pour établir des partenariats avec l'UQAM.»

Le projet d'installation Lieu_dit a ainsi obtenu l'appui d'organismes comme le Partenariat du Quartier des spectacles et la Société de développement du Quartier latin. «Le concept d'installation éphémère sera repris chaque année, note Nathalie Benoît. Cela s'inscrit dans la volonté de l'UQAM de renforcer la vocation culturelle du Quartier latin, en collaboration avec différents partenaires.»

«L'installation fait partie de l'espace public et ne nous appartient plus, dit Amandine Guillard. Maintenant, chacun peut se l'approprier comme il l'entend.»

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