Pierre Dansereau, pionnier de la pensée environnementale

Si l’environnement est devenu une préoccupation majeure à l’échelle planétaire, c’est grâce à des éveilleurs de conscience qui, dans chaque pays, se sont faits les leaders d’une nouvelle pensée écologique.

15 Avril 2010 à 16H16, mis à jour le 29 Mars 2019 à 14H15

Série Cinquante ans d'histoire
L'UQAM, qui célèbre son 50e anniversaire en 2019-2020, a déjà beaucoup d'histoires à raconter. La plupart des textes de cette série ont été originalement publiés de 2006 à 2017 dans le magazine Inter. Des notes de mise à jour ont été ajoutées à l'occasion de leur rediffusion dans le cadre du cinquantième.

Précurseur au Québec de la pensée environnementale, Pierre Dansereau se refusera toujours d’être un prophète de malheur. «Nos faillites sont des faillites de l’imagination», dit-il, car nous disposons des moyens nécessaires pour renverser le courant en faveur d’une exploitation sensée des ressources planétaires. Défenseur avant l’heure de la simplicité volontaire, cet humaniste se disait adepte de l’« austérité joyeuse », un programme de vie axé sur la frugalité et visant à freiner l’escalade de la surconsommation. Photo: Service des archives/UQAM
 

Si l’environnement est devenu une préoccupation majeure à l’échelle planétaire, c’est grâce à des éveilleurs de conscience qui, un peu partout, se sont faits les leaders d’une nouvelle pensée écologique. Au Québec, Pierre Dansereau a joué ce rôle d’éclaireur dès les années 1950. Celui qui a donné son nom au Complexe des sciences de l’UQAM fait l’objet d’une exposition virtuelle, Pierre Dansereau, écologiste : rencontre de l’Homme avec la Nature, conçue à partir du généreux fonds d’archives qu’il a donné à l’Université. Docteur honorifique et professeur émérite de l’UQAM, le scientifique – qui atteindra l’âge de 100 ans l’année prochaine [il est décédé le 28 septembre 2011, quelques jours avant d'atteindre le centenaire] – jouissait déjà d’une grande renommée quand il a joint les rangs de la jeune université du centre-ville, au début des années 1970. Dès 1975, ce pionnier de la pensée environnementale a vu sa notice biographique inscrite dans l’Encyclopedia Britannica. Cela ne l’a pas empêché de participer à la vie universitaire pendant plus de 35 ans. Nommé professeur à l’UQAM en 1972, Pierre Dansereau a collaboré à la mise sur pied du programme de maîtrise puis de doctorat en sciences de l’environnement. Son approche interdisciplinaire a influencé la création de l’Institut des sciences de l’environnement, en 1990. Le professeur y a dirigé, jusqu’à sa retraite, le Laboratoire Pierre Dansereau pour l’étude des écosystèmes et l’aménagement du territoire. Il a été un mentor pour plusieurs générations d’étudiants.

L’étude la forêt laurentienne donnera à Pierre Dansereau ses premières lettres de noblesse à titre d’écologiste. Le jeune scientifique s’intéresse aux espèces qui peuplent les forêts, à la composition des sols, à la hauteur moyenne des arbres, au climat dans lequel évolue l’érablière et même à l’industrie des produits de l’érable. Photo: Archives UQAM
Avant de compléter un doctorat en taxonomie végétale à l’Université de Genève, où il fréquentera, dans les années 1930, des écologistes européens de renommée mondiale, Pierre Dansereau a étudié au laboratoire du frère Marie-Victorin à l’Institut botanique de l’Université de Montréal.  Photo: Archives UQAM
L’écologie ne s’intéresse pas seulement à l’individu, à l’espèce, ou même à la population, mais aussi à l’écosystème, c’est-à-dire au milieu naturel et à l’ensemble des populations d’organismes animaux, végétaux et bactériens qui y vivent. Cette vision globale que tous les enfants acquièrent aujourd’hui à l’école était entièrement nouvelle à l’époque où Dansereau l’a adoptée dans ses propres recherches sur la dynamique des forêts.  Photo: Archives UQAM
Dans les années 1960, alors qu’il travaille comme directeur adjoint au Jardin botanique de New York, le chercheur se rend compte que l’écologie ne concerne pas seulement les milieux naturels, mais aussi l’environnement façonné par l’homme. La ville devient un sujet d’étude écologique. Photo: Archives UQAM
Passionné par les voyages depuis sa jeunesse, Pierre Dansereau a parcouru le monde. L’Amérique du Sud, et particulièrement le Brésil, est sa terre de prédilection. Les Sud-Américains l’ont surnommé Pedro della Silva, en référence à sa passion pour la forêt. Photo: Archives UQAM
Les étudiants sont naturellement attirés par ce professeur à la réputation qui déborde les frontières. Quand il arrive à l’UQAM, dans les années 70, Pierre Dansereau est déjà une célébrité du monde scientifique. Membre de l’American Association for the Advancement of Science depuis 1945 et de la Société royale du Canada depuis 1949, il ne compte plus les honneurs lorsqu’il reçoit, en 1983, le Prix du Québec. Photo: Archives UQAM
Professeur invité à l’Université Columbia de New York, à l’Université du Michigan, à l’Universidade do Brasil à Rio de Janeiro, à la Sorbonne à Paris, à l’Université d’Otago en Nouvelle-Zélande et dans de nombreuses autres institutions, Pierre Dansereau a reçu plus d’une quinzaine de doctorats honorifiques au cours de sa carrière et publié au-delà de 600 écrits scientifiques. Photo: Archives UQAM
En 2004, à l’âge de 93 ans, Pierre Dansereau, celui que l’on considère comme le père de l’écologie au Québec, prend sa retraite de l’UQAM après 65 années de recherches scientifiques et une longue carrière d’enseignant et de vulgarisateur. Un an plus tard, l’UQAM l’honore en donnant son nom à son tout nouveau Complexe des sciences. Photo: Archives UQAM

Toutes les images sont tirées de l’exposition virtuelle Pierre Dansereau, écologiste : rencontre de l’Homme avec la Nature, mise en ligne par le Service des archives et de gestion des documents de l’UQAM.

Source:
INTER, magazine de l'Université du Québec à Montréal, Vol. 8, no 1, printemps 2010.

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