À la recherche du temps perdu

L'exposition Lost in Time présentée à la Galerie de l'UQAM tourne autour d'une idée maîtresse, celle de la durée.

31 Octobre 2011 à 0H00

Une montre-bracelet, dont l'aiguille effectue une rotation complète tous les millénaires, constitue la pièce centrale de Lost in Time, première exposition monographique de l'artiste Patrick Bernatchez, présentée à la Galerie de l'UQAM, depuis le 21 octobre jusqu'au 3 décembre prochain.

Les visiteurs peuvent aussi visionner une vidéo dont la durée correspond au temps que prend une cigarette allumée pour se consumer jusqu'à son dernier souffle, ou se laisser envoûter par des pièces musicales, comme la Sonate pour piano de Guillaume Lekeu et, surtout, les Variations Goldberg de Jean-Sébastien Bach, qui suggèrent que rien n'est achevé.

Les œuvres qui composent Lost in time - des sculptures, des gravures sur miroir, des films, ainsi que des pièces musicales et photographiques - touchent des domaines variés : art ancien, musique classique, cinéma expérimental. Toutes possèdent une force esthétique plutôt déroutante. «Certaines ont un caractère conceptuel, tandis que d'autres font davantage appel à la sensibilité», souligne Mélanie Boucher, détentrice d'un doctorat en histoire de l'art de l'UQAM et commissaire de l'exposition. Au-delà de la diversité des techniques d'expression, les œuvres entrent en résonnance les unes avec les autres, faisant partie d'une sorte de réseau. «Chacune traite à sa façon de la durée, des cycles de la vie, du temps qui est compté, c'est-à-dire de la mort, sujet récurrent dans le travail de Patrick Bernatchez depuis dix ans», explique la commissaire.

Patrick Bernatchez vit et travaille à Montréal. Ses oeuvres ont fait l'objet de plusieurs expositions individuelles, notamment en Allemagne, en France, aux Pays-Bas et aux États-Unis. Il a également participé à de nombreuses expositions collectives au Canada, en Europe et en Australie.

Commissaire d'expositions depuis une dizaine d'années, Mélanie Boucher a remporté, en 2005, le prix Relève de la Société des musées québécois. Entre autres projets, elle a réalisé la première exposition en sol québécois, à la galerie de l'UQAM, des Guerrilla Girls, artistes féministes américaines reconnues à l'échelle internationale pour leurs interventions humoristiques cinglantes.

Un catalogue monographique abondamment illustré, consacré au travail de Patrick Bernatchez et contenant des textes de Mélanie Boucher, de Bernard Schütze, critique d'art, et de Michel Marie, historien du cinéma, est en préparation et paraîtra en janvier 2012.

PARTAGER