L'UQAM en région métropolitaine

Le vice-recteur à la Vie académique, Robert Proulx, défend l'idée d'une présence accrue de l'UQAM à l'extérieur du centre-ville.

31 Octobre 2011 à 0H00

L'UQAM, université du centre-ville, est aussi une réalité en périphérie de Montréal. Pour des milliers de jeunes et de travailleurs de Lanaudière, de la Montérégie, de l'Ouest-de-l'Île ou de Laval, les quatre campus de l'UQAM en région sont la porte d'entrée du milieu universitaire.

Le vice-recteur à la Vie académique, Robert Proulx, tient à corriger la perception selon laquelle les universités considèrent les centres de formation en banlieue comme des succursales destinées à accroître leurs revenus. «Nous sommes un organisme à but non lucratif, qui doit offrir des services à la plus vaste population possible, dit-il. Comme les autres universités, l'UQAM est interpellée par la volonté des régions extérieures à Montréal de se développer, non seulement économiquement, mais aussi culturellement.»

Développement culturel

Il faut cesser de considérer la périphérie uniquement comme une banlieue dortoir, croit le vice-recteur. Dans leurs plans de développement, les municipalités incluent désormais la culture, car les institutions culturelles contribuent à créer un sentiment d'appartenance à la communauté. «C'est dans cette perspective qu'elles réclament de la formation universitaire, ce qui est bien normal puisque l'université est au centre du développement culturel. »

Autre aspect de l'équation : les problèmes de circulation autour de Montréal. Se rendre au centre-ville pour assister à un cours universitaire n'est pas une mince affaire quand on habite en périphérie, surtout si on travaille et qu'on a une famille. «L'objectif du gouvernement, lors de la création de l'UQAM, à la fin des années 60, était d'améliorer l'accès à l'université, dans une perspective de démocratisation du savoir», rappelle le vice-recteur.

Les quatre campus hors de la métropole desservent plusieurs milliers d'étudiants, qui ont accès à près de 20 programmes offerts par les six facultés et par l'École des sciences de la gestion de l'UQAM. Le plus vieux de ces campus en région, celui de la Montérégie, existe depuis plus de 30 ans. Le plus récent, celui de l'Ouest-de-l'Île, a été créé en 1999. Si de nombreux étudiants sont inscrits à des programmes de certificat, il leur est également possible de compléter un baccalauréat par cumul.

Il ne peut pas y avoir de développement local ou régional sans les universités, insiste Robert Proulx. «Partout, la croissance culturelle, technologique ou économique est liée à l'activité des universités. Mais la question se pose : comment satisfaire ce besoin de développement régional tout en assurant une formation de qualité?»

Meilleure entente interuniversitaire

Pour lui, la solution passe par une meilleure entente entre les universités. «Il faut que nous réfléchissions au meilleur moyen de mettre nos expertises en commun là où elles se complètent, tout en conservant notre identité institutionnelle, ce qui est fort important», croit le vice-recteur.

Selon lui, les universités doivent participer à la création en région de véritables foyers de développement culturel. «S'installer dans des édifices à bureaux et louer quelques locaux pour offrir des cours, cela ne suffit pas, dit-il. La qualité de la formation dépend de l'atteinte d'objectifs d'apprentissage fixés par des programmes, mais aussi d'une expérience de vie universitaire. Si on veut vraiment aider les régions à développer la culture et le savoir comme l'université permet de le faire, il faut créer des environnements aussi riches que ceux que nous avons dans notre campus du centre-ville. »

Cela suppose que toutes les universités collaborent, malgré les forces liées à leur financement qui ont tendance à les mettre en compétition, dit Robert Proulx. Cela n'est pas pour demain, admet-il. La situation actuelle des institutions ne facilite pas ce genre d'entente. «Pourtant, c'est ainsi que l'on pourra créer des environnements pourvus d'infrastructures suffisantes pour répondre à la fois aux objectifs de développement régional et de qualité de la formation.»

En attendant, l'offre de formation de l'UQAM en région continue à se développer. Ainsi, à partir de l'hiver 2012, il sera possible d'étudier le jour et non plus seulement le soir au campus de Lanaudière. Cette initiative permettra aux étudiants de l'UQAM, vivant ou travaillant dans la région de Lanaudière, de profiter d'une plus grande souplesse d'horaire pour avoir accès à une formation universitaire sans se déplacer à Montréal.

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