Montréal aura un nouveau bac vert

Les nouveaux bacs de recyclage de la Ville de Montréal sont conçus par l'École de design.

7 Mars 2011 à 0H00

«Au Québec, nous collectons beaucoup de matières recyclables, mais leur réutilisation fait souvent défaut, souligne André Desrosiers, professeur invité à l'École de design. Ainsi, seulement 7 % des matières plastiques sont réutilisées pour fabriquer de nouveaux produits, alors que le reste se retrouve dans des sites d'enfouissement. C'est pourquoi nous avons recommandé à la Ville que le nouveau bac vert comporte un pourcentage significatif de matières recyclées.»

Les professeurs André Desrosiers et Koen de Winter, du Laboratoire design et proximité de l'École de design, l'entreprise lavalloise Instadesign, spécialisée en développement de produits en ingénierie mécanique, et des experts en environnement de la Ville de Montréal ont uni leurs efforts pour concevoir de nouveaux bacs de recyclage destinés à la population montréalaise. Quelque 480 000 exemplaires seront distribués aux résidants en 2012.

Fabriqués avec des résines recyclées, ces nouveaux bacs, d'une capacité de 67 litres, de couleur grise et munis de poignées et de couvercles, sont plus ergonomiques, plus résistants au froid et plus fonctionnels que les anciens prototypes. D'une durée de vie de sept ans, ils ont été créés pour les Montréalais vivant dans les immeubles de huit logements et moins. Ils seront également faciles à utiliser pour les résidants de petite taille, qui ne peuvent porter de lourdes charges ou qui sont obligés de descendre des escaliers.

«Contrairement aux bacs actuels, les nouveaux prototypes ne devraient pas causer de problèmes de sécurité pour passer le seuil ou descendre des escaliers, surtout l'hiver, précise André Desrosiers. Nous voulions aussi éviter que certaines matières, comme les papiers, s'éparpillent par les journées de grand vent, d'où l'idée d'avoir un bac avec un couvercle.»

Professeur à l'École de design depuis 2007, André Desrosiers est un designer industriel de formation et de profession. Il a fondé et dirigé des entreprises manufacturières et a agi comme conseiller professionnel. «Ma grande spécialité, dit-il, concerne la gestion de projets et d'entreprises manufacturières en design.» Avec ses collègues Maurice Cloutier et Koen de Winter, il dirige le Laboratoire design et proximité, qui a assumé la gestion complète du projet des bacs verts.

Les travaux de recherche du laboratoire, auxquels collaborent des étudiants de l'École de design ainsi que des designers professionnels, portent sur plusieurs thèmes : design écologique et développement durable, contexte et identité, modes de vie et d'habitation, équipements et collectivités, production et consommation. Le laboratoire a pour mission de développer des services qui, normalement, ne sont pas offerts par des entreprises privées.

Augmenter le volume de recyclage

Selon le designer, le nouveau bac, comme n'importe quel autre objet, ne vise pas à répondre à tous les besoins. Dans certains quartiers, son utilisation n'exclut pas la possibilité de recourir à des sacs de recyclage, souvent moins encombrants. Cela dit, le développement des bacs s'inscrit dans les efforts de la Ville pour augmenter le volume de recyclage des déchets. «Tel qu'il a été conçu, le bac s'avère un meilleur outil de collecte, mais il reste que l'augmentation du volume de recyclage est d'abord liée aux comportements responsables des citoyens», soutient André Desrosiers.

Le professeur est aussi impliqué dans un projet de la Société de transport de Montréal (STM) visant à créer 400 nouveaux abribus, qui seront installés à Montréal au cours des prochaines années. «L'abribus est un élément important dans le paysage de la ville. Nous sommes à la recherche d'une solution efficace et durable, qui respecte la diversité urbaine de Montréal. Là encore, mon rôle consistera à conseiller la STM dans la gestion du projet.»

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