Un campus «magique»

Une fois la première impression et le coup de foudre passés, suit l’essentielle phase d’adaptation.

28 Octobre 2011 à 0H00

Léticia Villeneuve fait ses études de 2e cycle à la célèbre université d'Oxford, en Angleterre. Elle est diplômée du baccalauréat en relations internationales et droit international de l’UQAM et boursière de la Fondation Rhodes.

Le 26 septembre, après un week-end passé à Ottawa en compagnie des autres boursiers Rhodescanadiens, je me suis enfin envolée pour Oxford. Si j’avais à décrire cette ville en un mot, ce serait sans aucun doute «magique». Cela a peut-être à voir avec l’impression que l’on ressent, plusieurs fois par jour, de figurer dans le décor du dernier film d’Harry Potter. Ou peut-être avec le fait que mon collège, construit au 17e siècle, a des airs de château, comme plusieurs bâtiments du centre-ville. Dans tous les cas, Oxford est tout simplement magnifique.

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Léticia Villeneuve. Photo: Nathalie St-Pierre.

Une fois la première impression et le coup de foudre passés, suit l’essentielle phase d’adaptation. On réalise très tôt que de simples réflexes peuvent s’avérer dangereux si on ne s’ajuste pas aux manières anglaises… comme regarder à gauche plutôt qu’à droite avant de traverser la rue! Disons que j’ai attendu quelques semaines avant de me lancer dans la circulation à vélo. Il y a aussi le vocabulaire britannique à assimiler et les expressions à éviter pour ne pas créer de malentendus (avec l’usage du mot «pants», par exemple, qui signifie ici «sous-vêtements», plutôt que «pantalons»).

Il faut également s’habituer aux institutions et traditions de l’Université d’Oxford, la plupart fortes de quelques siècles d’histoire. Il y a d’abord la structure des sessions. À Oxford, l’année scolaire est divisée en trois sessions, ou terms, de huit semaines. Chacune porte un nom particulier : Michaelmas pour l’automne, Hillary pour l’hiver, et Trinity pour la session de printemps/été. Et puisque chaque session ne dure que huit semaines, les Oxfordiens ont tendance à situer les événements par rapport aux semaines de la session, même avant qu’elle n’ait débuté! Suivant ce système, je suis arrivée à Oxford au début de la semaine «-1», qui est suivie de la semaine «0», appelée nought week ou Fresher’s week. La semaine 1, première semaine de cours, a seulement débuté le 10 octobre. Un term de huit semaines, ça paraît court, mais, croyez-moi, la courte durée est largement compensée en intensité! Après une seule semaine de cours, j’avais la nette impression d’avoir pris du retard dans mes lectures et travaux. Aujourd’hui, à mi-chemin dans la deuxième semaine, je me sens comme en plein blitz de fin de session uqamienne!

Il y a aussi, parmi les événements notoires, la tradition par excellence de la rentrée oxfordienne : la cérémonie de Matriculation. Tous les nouveaux étudiants, habillés en sub-fusc (tenue académique officielle), doivent se regrouper dans leurs collèges respectifs. Le Master du Collège les conduit ensuite à pied, à travers la ville, jusqu’au Sheldonian Theatre, où ils sont présentés au vice-chancelier de l’Université dans une courte allocution en latin. Ce n’est qu’à partir de ce moment qu’un étudiant est considéré comme faisant officiellement partie de la communauté universitaire. Puis, tout le groupe sort du théâtre, sous l’œil et les caméras des touristes cherchant à capturer cette scène typique de la vie d’Oxford. Matriculation, c’est donc comme une cérémonie de collation des grades inversée, un rite de passage marquant l’entrée officielle dans l’université. C’est aussi une bonne occasion de célébrer, en sub-fusc, toute la journée!

Bref, les premières semaines ici ont été extrêmement agréables. L’accueil a été exceptionnel, et avec tous les événements organisés pour la rentrée, on se crée très vite un nouveau réseau. En plus, la ville est petite: après moins d’un mois passé ici, je croise constamment des visages familiers dans la rue. Je me sens déjà comme chez moi! Il ne me reste qu’à m’ajuster au rythme intense des cours et à me bâtir une nouvelle routine (incluant des entraînements d’aviron, ce dont j’aurai certainement l’occasion de vous parler dans une prochaine chronique). Et je crois bien que, dans un claquement de doigts, ce sera déjà décembre et que je serai en train de dresser le bilan de mon  «Michaelmas Term 2011»!

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