BRIDI: un programme pour étudiants allumés

En deux ans, le baccalauréat en relations internationales et droit international a produit deux boursiers Rhodes, en plus de voir ses étudiants accumuler les succès dans divers concours internationaux.

9 Janvier 2012 à 0H00

Philippe-André Rodriguez et Léticia Villeneuve, récipiendaires 2011 et 2010 de la prestigieuse bourse de recherche Rhodes, ainsi que Sophie D’aoust, personnalité 1er cycle du concours Forces AVENIR en 2008, ont un point commun : tous trois sont des diplômés ou des finissants du programme de baccalauréat en relations internationales et droit international (BRIDI), offert par la Faculté de science politique et de droit.

Ce n’est pas un hasard si les étudiants du BRIDI ont remporté ces dernières années plusieurs prix et distinctions, dont cinq fois en six ans la plus haute distinction à la Simulation des Nations Unies, à New York, affirme René Côté, professeur au Département des sciences juridiques et ancien doyen de la faculté. «Le BRIDI est un programme d’excellence, dit-il, qui accueille des étudiants particulièrement allumés et talentueux.»

Programme bidisciplinaire intégrant les relations internationales, le droit international et l’apprentissage des langues, le BRIDI vise à combler un besoin croissant de spécialistes capables de comprendre des phénomènes internationaux, tels les enjeux politiques et juridiques de la mondialisation. Il permet aux étudiants de se familiariser avec les régimes politiques et juridiques des différents États, ainsi qu’avec leur politique étrangère.

«Les cours en histoire, en droit, en économie ou en philosophie m’ont permis d’acquérir une formation multidisciplinaire, complète et approfondie», souligne Philippe-André Rodriguez qui, grâce à la bourse Rhodes, poursuivra l’automne prochain des études de deuxième cycle à la célèbre Université d’Oxford, en Angleterre. Léticia Villeneuve, qui signe le blogue «Une Uqamienne à Oxford», avait également remporté le prix «Outstanding Delegate in Committee» lors de sa participation à la Simulation des Nations Unies, en 2010.

Regain d’intérêt pour l’international

Le BRIDI a accueilli ses premiers étudiants à l’automne 2002, un an après les attentats du 11 septembre 2001. «Ces événements tragiques expliquent en partie le regain d’intérêt chez les jeunes pour la politique internationale, observe René Côté. Les agents de recrutement de l’UQAM nous disaient à l’époque qu’un programme comme le BRIDI deviendrait rapidement populaire. Les conditions, en effet, étaient favorables. Des programmes d’études internationales, accueillant d’excellents étudiants, existaient déjà dans les écoles secondaires et les cégeps. En outre, la faculté possédait le plus important bassin de professeurs spécialisés dans le domaine à Montréal.»

Aujourd’hui, la faculté reçoit 600 demandes d’admission au BRIDI par année et en accepte 75. Les heureux élus s’inscrivent pendant leur première année à un tronc commun de cours spécifiques qui leur sont dédiés, facilitant ainsi le développement d’un esprit de corps, et doivent suivre entre trois et sept cours à l’École de langues de l’UQAM pour perfectionner leur anglais ou pour apprendre une troisième langue. «Plusieurs des nouveaux admis ont déjà fait du bénévolat dans des ONG internationales et connaissent une ou deux autres langues», note l’ancien doyen. La plupart possèdent une bonne culture générale, un esprit de synthèse, des habiletés d’analyse et, surtout, une grande ouverture d’esprit.

À la défense des droits humains

La formation pratique – participation à des concours de plaidoirie et stages à l’étranger durant au moins une session – est une autre caractéristique du programme. «La Clinique internationale de défense des droits humains (CIDDHU) de l’UQAM n’aurait probablement pas existé sans la présence des étudiants du BRIDI, souligne René Côté. Plusieurs d’entre eux s’impliquent dans la défense des droits de la personne sur divers continents, comme ceux qui sont allés à Genève présenter un mémoire devant le Comité des droits des enfants de l’ONU.» C’est aussi le cas de Sophie D’Aoust qui, lors de son stage dans un orphelinat au Bénin, a réussi à dénicher un médecin acceptant de donner bénévolement des soins aux enfants et a trouvé le financement nécessaire pour payer le salaire d’une animatrice pendant un an.

Si certains diplômés du BRIDI poursuivent des études de maîtrise et de doctorat au Canada ou à l’étranger, d’autres se dirigent vers le marché du travail pour devenir attaché politique, analyste, expert-conseil en affaires étrangères ou en commerce international, journaliste ou recherchiste dans les médias.

Avant de s’envoler pour Oxford, Philippe-André Rodriguez, qui comptait parmi les Uqamiens s’étant illustrés l’an dernier à la Simulation des Nations unies, compte faire partager son expérience aux futurs participants de la Simulation du Parlement européen Canada-Québec-Europe. L’événement se tiendra pour la première fois à l’UQAM en août prochain et réunira 300 étudiants venus de différents pays. La délégation uqamienne en comptera huit, dont cinq… du BRIDI!

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