Éduquer pour changer le monde

Portrait de Marc St-Pierre, diplômé de la Faculté des sciences de l'éducation et lauréat du prix Reconnaissance 2012.

30 Avril 2012 à 0H00

Pour Marc St-Pierre (B.Ed. enseignement en adaptation scolaire, 89), l’éducation n’est pas seulement un métier. C’est une responsabilité sociale. «La lutte à la pauvreté, la lutte à l’exclusion, une plus grande justice, une meilleure équité, tout cela fait partie de ma vision de l’éducation, dit le directeur général adjoint de la Commission scolaire de la Rivière-du-Nord, à Saint-Jérôme. En tant qu’éducateurs, nous avons une grande part de responsabilité dans le développement économique et dans l’atteinte d’une meilleure qualité de vie pour tout le monde.»

Marc St-Pierre est un passionné qui, depuis 36 ans, a consacré toute sa carrière à l’éducation, du Mont Saint-Antoine, où il s’occupait de jeunes en difficultés pendant ses études de baccalauréat, en passant par les diverses écoles où il a travaillé à titre d’enseignant, d’orthopédagogue ou de directeur, jusqu’au poste qu’il occupe aujourd’hui. Il a enseigné aux petits, mais surtout aux grands, au public et au privé. Il a été coordonnateur des services éducatifs à la Fédération des établissements d’enseignement privé pendant quatre ans et a siégé à plusieurs comités du Conseil supérieur de l’éducation.

Depuis quelques années, son principal cheval de bataille, c’est l’apprentissage de la lecture. «Un des rôles fondamentaux de l’école, c’est de faire en sorte que tous les enfants, y compris ceux de milieux défavorisés qui arrivent avec un gros retard de stimulation, sachent lire à la fin de la première année», affirme-t-il.

Sa commission scolaire a été la première à implanter dans toutes ses écoles le programme de prévention des difficultés d’apprentissage en lecture La forêt de l’alphabet, dont Monique Brodeur, doyenne de la Faculté des sciences de l’éducation, est l’une des principales instigatrices. «Quand nous avons analysé nos résultats après la première année, non seulement le nombre d’élèves à risque en lecture avait beaucoup diminué, dit-il, mais nous avons aussi observé une réduction de l’écart entre élèves favorisés et défavorisés, et entre garçons et filles.»

Dans tous les domaines où il a travaillé, l’éducateur a toujours cherché à parfaire ses compétences. Alors qu’il enseignait en cheminement continu à des jeunes de 16 ou 17 ans qui faisaient leur troisième secondaire pour la première fois, il a acquis une formation en apprentissage coopératif, un modèle importé des États-Unis qui a fait des miracles dans sa classe. «Les taux de réussite de mes élèves étaient supérieurs à ceux de l’ensemble des classes de troisième secondaire!», raconte-t-il.

Détenteur d’une maîtrise de l’Université McGill en administration scolaire, Marc St-Pierre donne aujourd’hui un cours en gestion de l’éducation à l’Université du Québec en Outaouais. «J’impose une lecture obligatoire dans mon cours et ce n’est pas un livre de gestion, dit-il. C’est Terre des hommes de Saint-Exupéry. Selon moi, on peut tout apprendre à travers la littérature. Si j’avais une autre carrière devant moi, je la consacrerais à cette idée et je bâtirais un curriculum entièrement autour de la littérature.»

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