Entre le Québec et l'Afrique

Portrait d'Amina Gerba, diplômée de l'École des sciences de la gestion et lauréate du prix Reconnaissance 2012.

30 Avril 2012 à 0H00

Le 10 mai prochain aura lieu le Gala Reconnaissance 2012 de l'UQAM au Belvédère du Centre des sciences de Montréal, sous la présidence d'honneur d’Isabelle Hudon, présidente de la Financière Sun Life, Québec, et présidente du conseil d'administration de l'UQAM. Sept diplômés des six facultés de l'Université et de son École des sciences de la gestion recevront à cette occasion un prix Reconnaissance, soulignant leur réussite professionnelle et leur contribution au développement de leur secteur d'activité, de l'UQAM et de la société en général.

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Au cours de ses études de M.B.A., Amina Gerba (B.A.A. gestion et intervention touristiques, 92; M.B.A., 93) a compris que beaucoup de boulot l’attendait. Son mémoire portait sur le positionnement du «produit touristique Afrique noire au Canada». Sa conclusion : les Canadiens ne connaissaient rien – ou très peu – du continent qui l’avait vu naître. S’agissait-il d’un «pays»? Y avait-il des routes? Des maisons?

«L’image de l’Afrique nuisait à son développement», dit cette élégante femme de 50 ans, camerounaise d’origine. À sa sortie de l’UQAM, Amina Nleung Abah-Gerba, de son vrai nom, travaille pendant trois ans pour des sociétés canadiennes comme responsable du développement de marchés en Afrique. En octobre 1995, elle crée sa propre société de consultation, Afrique Expansion. Sa mission : promouvoir les produits et pays africains en Amérique du Nord et faciliter l’investissement canadien en Afrique. «Chaque entreprise que j’amène en Afrique contribue à son développement et crée de l’emploi», souligne-t-elle.

Cordonnier bien chaussé, Amina Gerba jette les bases, cette année-là, d’une des branches de son petit empire. Lors d’une mission commerciale au Burkina Faso, elle rencontre des femmes de l’Association des productrices de beurre de karité, une matière première utilisée notamment dans la fabrication de produits de beauté. L’entrepreneure veut en faire l’importation au Canada, mais ne trouve aucun investisseur intéressé par ce produit aux vertus méconnues. Qu’à cela ne tienne, Amina Gerba décide de lancer sa propre ligne de produits cosmétiques à base de beurre de karité biologique. Avec une quarantaine de produits, la marque Kariderm est aujourd’hui distribuée dans 300 points de vente, essentiellement des magasins de produits naturels.

C’est en 1998 qu’Afrique Expansion organise ses premières «Journées économiques de l’Afrique» en invitant le Cameroun à conduire une première mission au Canada. Une vingtaine de chefs d’entreprises et de représentants du secteur public sont présents.

Mais les médias en font peu de cas. Amina Gerba comprend que si elle veut qu’on parle de l’Afrique, et de son entreprise, il faudra qu’elle le fasse elle-même. Avec son mari, Malam Gerba (Ph.D. communication, 97), elle lance un bulletin d’information : Afrique Expansion mag, aujourd’hui un magazine sur papier glacé qui tire à 20 000 exemplaires.

L’entité Geram Communications, créée en 2001, gère tant Afrique Expansion que son pendant magazine, en plus d’organiser, tous les deux ans depuis 2003, le Forum Africa, une rencontre internationale qui vise, une fois de plus, à promouvoir les liens d’affaires avec l’Afrique. «Le potentiel pour les PME canadiennes est grand, dit Amina Gerba. Mais il faut sortir du secteur minier et penser aux besoins dans le secteur des technologies, avec 600 millions d’utilisateurs de cellulaires, de l’agro-alimentaire, de la construction de maisons ou de routes.» Le développement de l’Afrique passe par son secteur privé, affirme-t-elle. «Plus les Africains travailleront, moins ils occuperont leur temps libre à s’entredéchirer.»

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