Le «trashing», une jeune tradition

S’il y a un événement que je n’ai pas manqué avant mon départ d’Oxford, c’est celui des célébrations de sortie d’examens pour les finissants.

17 Septembre 2012 à 0H00

Léticia Villeneuve fait ses études de 2e cycle à la célèbre université d'Oxford, en Angleterre. Elle est diplômée du baccalauréat en relations internationales et droit international de l’UQAM et boursière de la Fondation Rhodes.

L'Angleterre est reconnue pour son temps exécrable, mais ça tient parfois plus du mythe que de la réalité (bien des endroits dans le monde, Montréal compris, reçoivent généralement plus de précipitations que le Sud de l’Angleterre). Or, cette année, ça a été l’année de tous les records, dans le mauvais sens du terme. Tant le printemps que l’été ont été les plus pluvieux et les moins ensoleillés du dernier siècle. Et c’est vrai qu’au bout d’un moment, ça pèse sur le moral. Je me suis donc réfugiée, fin juin, sous le soleil montréalais et j’ai profité pleinement des derniers mois pour refaire le plein d’énergie, et de vitamine D.

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En partant si tôt, j’ai aussi échappé à la frénésie des Jeux Olympiques de Londres. Il faut dire que les annonces tapissées aux quatre coins de la ville, des mois à l’avance, avaient tout pour éloigner les résidents de la région, avec des prédictions apocalyptiques sur l’achalandage du métro et les nombreux appels à éviter le secteur. J’ai préféré retourner à la maison et apprécier le spectacle sur le petit écran. Mais s’il y a un événement que je n’ai pas manqué avant mon départ d’Oxford, c’est celui des célébrations de sortie d’examens pour les finissants.

Les examens finaux à l’Université d’Oxford sont tous administrés dans l’édifice de l’Examination School. Les finissants doivent s’y rendre, en subfusc (tenue académique officielle), pour passer, souvent dans la même semaine, les examens récapitulatifs de toute leur formation. À la fin des épreuves, les finissants qui portent un œillet rouge à la boutonnière, symbole qu’ils en étaient à leur dernier examen, se font attendre de pied ferme par proches et amis pour le traditionnel trashing. Dès qu’ils rejoignent leurs amis à la sortie, dans la rue fermée à la circulation pour l’occasion, les finissants se font féliciter par un bombardement de confettis, ballons, rubans et autres guirlandes colorés. Certains font toutefois subir à leurs collègues une version moins sympathique du trashing, impliquant le plus souvent des produits alimentaires. Farine, œufs, spaghetti sauce tomates : tout y passe, pourvu que ce soit salissant… Les Proctors, préfets de discipline de l’Université, sont donc présents dans le périmètre de l’Examination Schoolpour inspecter les sacs et sévissent contre les abus de produits comestibles. Cela repousse souvent les adeptes de telles pratiques quelques rues plus loin, de sorte qu’à la sortie des exams, on a droit surtout aux confettis secs, aux embrassades et aux félicitations sincères.

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Cette tradition que l’on croit souvent aussi vieille que l’institution ne daterait que d’une dizaine d’années. Qu’à cela ne tienne, elle semble déjà profondément ancrée et injecte une bonne dose de couleurs et d’esprit festif dans les dernières semaines du Trinity term. Il est fréquent, durant cette période, de recevoir des messages d’invitation à se réunir pour le trashing de quelqu’un. Et c’est toujours avec grand plaisir que l’on se rassemble pour célébrer, même brièvement, cet événement marquant du parcours de nos amis – d’autant plus que c’est une excellente raison de délaisser temporairement l’écran d’ordinateur et la pression du prochain deadline, pour ceux qui n’en sont pas encore rendus à fêter la fin de leurs études. Mais si je me fie au rythme auquel l’année passée s’est écoulée, mon tour viendra bien assez vite.

Je serai de retour à Oxford dans quelques jours. Au menu en cette deuxième et dernière année de maîtrise : deux sessions de cours, un mémoire, une semaine d’examens… et, je l’espère, plusieurs autres découvertes à partager avec vous! À très bientôt!

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