L'Examination Schools

Pour être admis dans l’Examination Schools en vue de passer son examen, il faut porter le subfusc, tenue académique officielle.

30 Avril 2012 à 0H00

Léticia Villeneuve fait ses études de 2e cycle à la célèbre université d'Oxford, en Angleterre. Elle est diplômée du baccalauréat en relations internationales et droit international de l’UQAM et boursière de la Fondation Rhodes.

Ça y est, la glace est brisée: j’ai passé mon premier examen oxfordien la semaine dernière. La forme était très semblable à celle de mes examens de bac uqamiens : trois heures, trois questions à développement. Mais puisque c’était ma toute première évaluation depuis le début de la maîtrise, et qu’elle était récapitulative de toute la matière abordée en séminaire durant les deux dernières sessions, il y avait de quoi être un peu nerveux.

Photo

Un examen, ici, c’est un événement. Ça ne se tient pas dans une salle de classe départementale, mais dans un édifice dédié, l’Examination Schools, un bâtiment historique caractéristique d’Oxford construit en 1881. On y trouve notamment trois grandes salles, chacune pouvant accueillir des centaines d’étudiants. Durant la session de cours, elles sont utilisées pour des cours magistraux ouverts à toute la communauté universitaire. Mais en session d’examens, jusqu’à 1200 étudiants par jour y complètent des évaluations écrites, sous le regard sévère des gigantesques portraits qui ornent les murs. Divers groupes-cours passent leurs examens simultanément dans la même salle. Personnellement, je n’y voyais pas d’inconvénient, jusqu’à ce que toute l’assistance se fasse interrompre à répétition  pour que l’on nous signale de multiples erreurs dans l’examen de finance corporative… Un peu dérangeant lorsqu’on essaie de rédiger un essai en relations internationales!

Pour être admis dans l’Examination Schools en vue de passer son examen (d’ailleurs, par ici, ça se traduit par to sit an exam ou, littéralement, «asseoir son examen»), il faut porter le subfusc, tenue académique officielle. Alors, la veille d’un exam, en plus de la révision de dernière minute, on prépare son habit : blouse blanche, jupe ou pantalons noirs, toge et ruban noir au cou pour les femmes; chemise blanche, pantalons noirs,  toge et nœud papillon blanc pour les hommes. On doit également avoir en main notre mortier (chapeau de finissant), mais une superstition estudiantine colporte que l’on ne doit pas le poser sur sa tête avant la Collation des grades, pour ne pas s’attirer de mention d’échec. Lorsqu’on doit passer au travers d’une série d’examens finaux, la tradition veut aussi que l’on complète sa tenue en épinglant un œillet à sa toge, suivant un code de couleurs bien précis : un blanc pour le premier examen, un rose pour la suite, puis un rouge pour souligner la dernière épreuve. Bref, la tenue traditionnelle obligatoire transforme une journée d’examen à Oxford en véritable événement. J’irais presque jusqu’à dire que le costume rend le tout un peu plus agréable. Même si les étudiants peuvent finir par s’y habituer au fil des ans, ça reste certainement une attraction pour les nombreux touristes à cette période de l’année!

Un autre truc plutôt inhabituel pour moi? Avoir un examen au retour d’une longue pause entre deux sessions. On passe des semaines à réviser, ce qui peut être plutôt pratique, mais une fois l’exam terminé, on doit très rapidement se remettre en mode «début de session». Après un court week-end où j’ai tenté de rattraper le retard dans toutes les tâches mises de côté durant la révision, j’entre maintenant dans la troisième et dernière session de l’année 2011-2012 à Oxford, le Trinity Term. Au menu: séminaires, travaux du comité exécutif de la Common Room du Collège, retour à l’aviron et projet de mémoire. Ça promet!

PARTAGER