Martin Lim : designers à surveiller

Les créations de Martin Lim, la nouvelle griffe des designers Danielle Martin et Pao Lim, ne passent pas inaperçues.

20 Avril 2012 à 0H00

Série Tête-à-tête
Rencontre avec des diplômés inspirants, des leaders dans leur domaine, des innovateurs, des passionnés qui veulent rendre le monde meilleur.​

Les créations de Martin Lim, la nouvelle griffe des designers Danielle Martin (B.A. gestion et design de la mode, 00) et Pao Lim (B.A. gestion et design de la mode, 01), ne passent pas inaperçues. La reporter mode Eva Friede du journal La Gazette a inclus Martin Lim dans la liste des nouveaux designers les plus prometteurs de 2012, alors qu’Elle Canada les consacre «designers à surveiller».

En février dernier, le couple, dans la vie comme au travail, a fait un malheur sur la passerelle du marché Bonsecours avec la présentation de sa quatrième collection dans le cadre de la Semaine de mode de Montréal. Il s’agissait d’un premier défilé solo pour Martin Lim, rendu possible grâce à l’Opération démarrage Mercedes-Benz, un concours pancanadien destiné aux créateurs de mode émergents que le duo a remporté en octobre dernier. Les designers ont créé pour la saison froide (automne-hiver 2012-2013) un vestiaire composé de robes de soirée, de jupes et de pantalons cigarettes en soie aux coupes asymétriques et aux superpositions savamment travaillées. Le couple s’est inspiré d’images des années 60, tout en puisant certaines idées dans les œuvres géométriques et les rayures à la verticale de l’artiste Daniel Buren. Les journalistes présents au défilé ont parlé «d’un grand cru», «d’une collection lumineuse et hyperféminine constituée d’un astucieux mélange de classique et de rétro», tout en soulignant la maîtrise parfaite de leur art.

Pao et Danielle se sont rencontrés il y a plus de dix ans. Férus de mode et de design, ils sont rapidement devenus inséparables. Le couple n’a que de bons mots pour l’École supérieure de mode de l’UQAM, qu’ils ont fréquentée à une année d’intervalle. «Je faisais partie de la quatrième cohorte du baccalauréat, se rappelle Pao Lim. Tout le monde se connaissait, c’était un milieu effervescent. Les professeurs étaient disponibles et nous encourageaient.» C’est ce même esprit de camaraderie, d’ouverture et de créativité que Danielle Martin, aujourd’hui chargée de cours à l’École, souhaite perpétuer.

Déjà, à l’université, le talent des designers se fait remarquer. En 2000, Pao Lim, alors en deuxième année, remporte la finale du concours international Smirnoff, destiné aux étudiants. Le jury, composé de designers de renom comme Betsey Johnson, le coiffe du titre de meilleur designer de la relève parmi près d’une vingtaine de finalistes. La bourse qu’il remporte financera une partie des études du couple au prestigieux Central Saint Martins College of Art and Design de Londres, où ils décrocheront un diplôme de maîtrise. «Nous étions entourés d’étudiants de haute voltige, créatifs, qui provenaient des quatre coins du monde», se remémore Pao Lim. Le couple parfait ensuite sa formation auprès de couturiers français comme Christian Lacroix et Roland Mouret, établi à Londres.

Pour établir sa marque, créée en 2010, le duo a su conjuguer les forces de chacun. «Danielle sait trouver la bonne coupe pour donner une touche féminine aux vêtements», remarque le designer. «Pao joue plus facilement avec les contrastes et les rayures, ajoute sa compagne. Il apporte aussi un côté plus sport.» Pour les designers, c’est une question de chimie. «Nous avons la même formation et nous parlons le même langage, cela rend les choses plus faciles!», dit Pao Lim.

La collection printemps-été 2012, présentement en boutique, propose une ligne constituée de drapés ultra-féminins à col bateau, de pantalons à rayures, et de robes et de jupes sur lesquelles sont cousues les créations en verre de la joaillière québécoise MELA. Les couleurs des tissus en soie ─ rose, beige, chocolat ─ rappellent celles des macarons, ces petites gourmandises fourrées de crème au beurre.

«Nos vêtements sont fabriqués ici et nous faisons quelquefois appel à des créateurs locaux pour enrichir nos collections», dit Danielle Martin. L’achat local favorise grandement les créateurs de mode d’ici, dont la production se fait souvent à petite échelle, soulignent les designers. «Il y a une demande pour la qualité, observe Pao Lim. De plus en plus de gens préfèrent acheter moins de morceaux, mais de plus belle facture». Porter un vêtement de designer, c’est une manière de se différencier, note Danielle Martin. «On le garde plus longtemps, car il a souvent une valeur émotive.»

Les prochains défis qui attendent Martin Lim? Assurer la croissance de l’entreprise, qui compte pour l’instant cinq employés et une stagiaire, et conquérir les marchés américains et européens d’ici trois ans. «Nous y allons étape par étape», conclut Pao Lim.

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