Mobilisation étudiante

J’ai eu l’occasion de m’impliquer dans l’association étudiante depuis l’automne dernier.

19 Mars 2012 à 0H00

Léticia Villeneuve fait ses études de 2e cycle à la célèbre université d'Oxford, en Angleterre. Elle est diplômée du baccalauréat en relations internationales et droit international de l’UQAM et boursière de la Fondation Rhodes.

Je viens de compléter ma deuxième session à Oxford. Hillary a été un autre term extrêmement chargé qui a passé à toute vitesse! J’ai quitté la bulle oxfordienne pour un voyage d’étude d’une dizaine de jours au Proche-Orient, question de me changer les idées un peu. Dès mon retour, je me replongerai dans les livres: dans mes lectures obligatoires pour les examens qui approchent, mais aussi dans les livres de la Middle Common Room (MCR), l’association des étudiants à la maîtrise et au doctorat de mon collège, qui vient tout juste de m’élire vice-présidente/trésorière. Le poste est demandant, mais vraiment motivant. Cela me permettra de découvrir les rouages administratifs du collège, d’en apprendre plus sur le fonctionnement de l’Université d’Oxford et sur la culture britannique en général. J’aurai certainement l’occasion de partager mes impressions sur tout cela dans une prochaine chronique.

J’ai eu l’occasion de m’impliquer dans l’association étudiante depuis l’automne dernier. Je n’ai certainement pas encore démystifié tous les enjeux entourant le mouvement étudiant à Oxford, mais je dois dire que, jusqu’à maintenant, la mobilisation étudiante m’apparaît beaucoup plus complexe et difficile ici, comparativement au système québécois. En fait, la structure de l’Université, fragmentée institutionnellement et géographiquement entre de multiples collèges et départements, ainsi que les sessions très courtes suivies de pauses prolongées contribuent fort probablement à réduire le potentiel de mobilisation au sein de la communauté étudiante dans son ensemble.

En pratique, on fonctionne ici avec une double structure. D’un côté, il y a la Oxford University Student Union, qui représente l’ensemble des étudiants, mais qui peine à établir un lien avec la plupart de ses membres, répartis entre leurs divers collèges et départements. De l’autre côté, des associations que l’on pourrait dire «de proximité», comme les MCR et les JCR (l’équivalent pour les étudiants du bac), sont établies dans chaque collège pour s’occuper des enjeux relatifs à la vie étudiante et au bien-être des étudiants, à travers une représentation auprès des instances du collège. La participation étudiante y est habituellement assez importante, mais puisque le dénominateur commun entre les membres est l’appartenance à un même collège (les étudiants expérimentant par ailleurs différentes réalités selon leur niveau et programme d’études), les enjeux principaux sont centrés sur le collège. Au milieu de ces différentes structures, on ne retrouve pas d’association relevant de disciplines académiques, de départements ou de programmes d’études; là où l’expérience étudiante est partagée et où certaines communautés d’intérêts seraient probablement plus susceptibles de se développer.

Bref, j’en suis venue, au cours des derniers mois passés ici, à apprécier d’autant plus le modèle uqamien et sa combinaison d’associations de programme, de modules et de facultés. C’est vraiment une chance et une force certaine que de pouvoir bénéficier de structures associatives assez proches des étudiants pour être en mesure d’entretenir des liens (voire un sentiment d’appartenance) avec et entre les étudiants, tout en assurant la pérennité d’un espace où un grand nombre de membres peuvent débattre de projets dépassant le strict cadre académique et institutionnel en vue de la définition et de la défense d’intérêts communs.

En terminant, sachez que même depuis outre-Atlantique, je suis avec attention les présents débats au Québec sur la hausse de frais de scolarité et je ne peux faire autrement que de me sentir interpellée. Je n’aurais vraisemblablement pas été en mesure de poursuivre mes études à Oxford si ce n’était du soutien financier du Rhodes Trust et je me sens extrêmement privilégiée que l’on m’ait offert une telle possibilité. Par contre, je crois fermement que l’accès à l’éducation universitaire en général ne devrait pas être une question de privilège, mais bien une valeur collective que l’on se doit de défendre et de faire progresser. ÉtudiantEs en grève et leurs sympathisantEs, vous avez des appuis à Oxford!

PARTAGER